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5 mai 2015

Orson Scott Card : La stratégie de l’Ombre (volumes 1 et 2) (Ender's Shadow)

Ce que l’éditeur nous dit :
Pour Bean, l'existence se résume à un seul mot : survivre. Sa fuite, à l'âge d'un an, de la clinique clandestine où il a été conçu artificiellement le conduit droit dans l'enfer des bas-quartiers de Rotterdam, où la violence, la drogue et la prostitution deviennent son quotidien. Grâce à son incroyable intelligence, il s'attire cependant l'attention des pontes de la Flotte Intergalactique, qui voient en lui un nouvel Ender Wiggin. Ender Wiggin, le légendaire gamin surdoué chargé d'orchestrer la contre-attaque contre les formiques. Ender Wiggin, le dernier espoir de l'humanité. Enfin, jusqu'à maintenant, car Bean n'a pas choisi d'intégrer, l'école de guerre pour faire de la figuration

Ce que j’en pense :
La saga d’Ender déjà achevée depuis longtemps, quel plaisir de pouvoir replonger ainsi dans l’univers d’Orson Scott Card. Le premier tome en particulier, qui retrace du point de vue de Bean les années à l’école de la guerre fut un véritable bonheur, que j’ai dévoré rapidement. Depuis l’écriture de la Stratégie Ender, bien des années se sont écoulées, permettant à l’écrivain de perfectionner son art, qui a ainsi su, à partir de personnages et d’une trame similaire, d’apporter un aspect vraiment différenciant, une vraie fraîcheur à son histoire (même si les protagonistes sont toujours autant “trop forts pour être vrais”).
Il en va différemment avec L’Ombre de l’hégémon, dont la vocation est uniquement socio-politique, à grand renforts de jeux internationaux. L’auteur s’est sans doute bien amusé à imaginer intrigues, incidents diplomatiques et traîtrises entre quelques grandes nations de notre planète. Personnellement je me suis rapidement ennuyée. Déjà, parce qu’il faut bien avouer que les enjeux internationaux ne m’intéressent pas tant que ça, et a fortiori quand ils sont inventés de A à Z (pour le coup, je trouve cela tout de même très prétentieux). Soulagée d’en voir le bout, je ne m’attaquerais certainement pas aux volumes suivants. Je reprendrais éventuellement aux Rejetons de l'ombre, qui parait à nouveau prendre un nouvel angle de perspective. Au moins, on ne pourra pas reprocher à l’auteur de ne pas essayer de nouvelles choses.

Conclusion :
Ravie d’en savoir plus sur l’enfance de Bean,je reste dubitative sur le reste du cycle de l’ombre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les rations
les modèles
la culpabilité
les langues




27 avril 2014

Orson Scott Card : Ender, l'exil (Ender in exile)

Ce que l’éditeur nous dit :
À douze ans, Ender Wiggin a sauvé l'humanité de la menace extraterrestre des « doryphores », mais il n aura pas droit à un retour triomphal sur Terre : les rivalités nationales ont repris et les jeunes prodiges de l'école de guerre suscitent convoitises et craintes. On lui propose l'exil vers la première colonie humaine sur une planète prise aux doryphores, dont il deviendra le gouverneur. Mais pour cela il devra s imposer face à un amiral à l'ancienne qui n est pas prêt à s en laisser conter par un gamin. Cependant Ender reste rongé par son crime, le génocide de toute une espèce. Il n'a de cesse que de la comprendre et de la réhabiliter. Pour cela, il découvrira le dernier uf de reine et cherchera désormais la planète qui saura tolérer la réapparition de la plus grande menace envers l'humanité... C'est le début d'un long périple qui durera plus de trois mille ans et s'achèvera dans La voix des morts.

Ce que j’en pense :
J’ai beau largement critiqué les défauts du cycle Ender, cela ne m’a pas moins empêché de sauter de joie, lorsque j’ai découvert qu’il y avait plus ! L’auteur a par la suite écrit ce volume supplémentaire, qui en réalité se déroule entre le premier et le second tome. Cela est peut-être dû à la prise d’expérience d’Orson-Scott Card, mais je l’ai trouvé plus équilibré que ses prédécesseurs. On retrouve un peu de l’esprit de découverte, une sorte de légèreté (quoi qu’Ender est déjà bien amoché mentalement, cela vient peut-être de l’évolution des liens avec les membres de sa famille), tout en posant déjà fortement les bases des questions existentielles qui seront largement débattues dans le reste de la saga. J’ai en tout cas été ravie de retrouver ces personnages, cet univers, et l’écriture d’Orson-Scott Card, et ne manquerais pas de continuer à explorer son oeuvre. L’auteur fait beaucoup d’appels du pied envers le personnage de Bean, invitant fortement à découvrir la saga qui lui est consacré (dont le sixième tome est actuellement en cours d’écriture, ndlr). Il est probable que lu isolément Ender, l’exil, ne présente que peu d’intêret. Lu dans son contexte, il fait tout à fait sens.

Conclusion :
Une nostalgie constructive dans l’univers d’Ender.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les correspondances
- la sagesse
- les annales
- la famille




22 février 2014

Orson-Scott Card : Le cycle d’Ender (tomes 2 à 4) (Ender’s game)

Ce que l’éditeur nous dit :
Trois mille ans se sont écoulés depuis l'extermination des doryphores, et les hommes se croient désormais seuls dans l'univers. Or, sur la planète Lusitania, on découvre l'existence des piggies, bipèdes mi-hommes mi-cochons doues d'intelligence.
Des scientifiques sont détachés pour les étudier mais, sans mobile apparent, ils sont assassines. L'humanité s'interroge : doit-on s'inquiéter de cette nouvelle menace, et la détruire?
Afin de rendre hommage aux victimes, on convoque sur la planète un porte-parole des morts. Mais voilà, dans ses bagages se trouve un cocon ou vit la dernière reine des doryphores. Car cet homme n'est autre qu'Ender, Le Xénocide.

Ce que j’en pense :
Si le premier volet de la Stratégie Ender prenait place dans un univers plutôt science-fiction, les trois suivants se situeraient plutôt dans le genre de la fantasy, car si les vaisseaux spatiaux sont toujours présents, ils sont presque relayés au rang de simple moyens de transport. De plus, l’intention de l’auteur y est clairement plus orientée vers le spirituel que vers le matériel. Des thématiques telles que la religion ou le sens de la vie y sont présentées, au travers de débats (souvent passionnants) entre les protagonistes. Oscon-Scott Card est un homme qui se pose beaucoup de questions !
Si j’ai été totalement emballée par cet univers si riche et les idées développées (le rapport à la nature, la tolérance, la communication, etc.), le rythme finit par s'essouffler et les défauts par devenir trop flagrants, au point que j’ai eu du mal à terminer le dernier tome. Dans ce qui m’a le plus dérangée, je noterais d’abord la surabondance de personnages “surhumains”, tous étant décrits comme extrêmement intelligents, les meilleurs absolus dans leurs domaines respectifs, mais portant avec difficulté le fardeau de la vie et incapables de se détacher de leurs questions existentielles. Non seulement ils finissent tous par se ressembler, mais l’atmosphère en devient pesante, tournant l’une des qualités du roman à son désavantage. Ensuite, j’ai trouvé que l’idée première avait été mal exploitée à bien des égards. Le postulat de départ établit que 3000 ans se sont écoulés depuis le premier tome. Hors il semble que Orson-Scott Card n’a pas réalisé l'ampleur de l’évolution qu’a connu notre humanité durant les 3000 dernières années. Dans le monde qu’il décrit, les évolutions technologiques semblent inexistantes, les cultures s’être simplement déplacées géographiquement, tout en restant identiques (on sent pourtant que l’auteur a travaillé le sujet des spécificités culturelles, mais mal) et le héros s'étonne que l'humanité ait "déjà" oublié les événements passés (sauf erreur si notre humanité se souvient très bien de la seconde guerre mondiale, les génocides ayant eu lieu sous l'empire romain font rarement cas de devoir de mémoire). Tout cela n’a juste aucun sens. Pour rester crédible il aurait fallu vraiment assumer ce chiffre, ou simplement le réduire. Pour exploiter pleinement le potentiel de ce cycle, qui présente une pensée de fond très riche et un style d’écriture de qualité, il aurait été bénéfique d'en alléger la forme.

Conclusion :
Une saga prodigieuse et passionnante mais empreinte de nombreux défauts de forme. A trop vouloir en faire...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la culture
- l'âme
- la valeur de la vie
- l’au-delà


21 janvier 2014

Orson-Scott Card : Le cycle d'Ender (tome 1 : La stratégie Ender) (Ender’s game)

Ce que l’éditeur nous dit :
Qui es-tu, Ender Wiggin ? Tu as six ans, et un moniteur branché sur ton cerveau surveille la moindre de tes pensées. Tu avais fini par t'y habituer. Et voilà qu'on te l'enlève ! Ne serais-tu pas assez intelligent ? Déjà les tests de ton frère et de ta soeur avaient révélé quelques failles. Deux enfants surdoués, pourtant ! C'est pourquoi les militaires ont programmé ta naissance. Ne recherchent-ils pas les grosses têtes, depuis que la Terre vit sous la menace d'une nouvelle invasion ? Des grosses têtes qui deviendront des soldats. Pauvre Ender ! Si différent de tes camarades, si solitaire. Surtout depuis que tu as été sélectionné pour entrer à l'école de guerre ! Les adultes prétendent que toi seul peux sauver la planète, la race humaine. Encore un de leurs mensonges ? A moins que ton innocence ne permette vraiment ce miracle...

Ce que j’en pense :
En commençant par son adaptation cinématographique, j'entrevoyais une œuvre originale beaucoup plus creusée. Effectivement, à l’écrit, de nombreux détails supplémentaires viennent ponctuer le récit, donnant par exemple une place bien plus importante aux frères et sœurs. Mais la différence n’est pas aussi radicale que je l’avais imaginée. J’ai gardé la même impression, celle que les évènements étaient survolés. A maintes occasions, le fait d’avoir vu le film a même été un gros avantage en terme de détails visuels supplémentaires, permettant de mieux comprendre le contexte. A noter que selon les aspects, le livre est à la fois plus “dur” et plus enfantin que son adaptation. Une petite déception donc. Heureusement, cela ne retire rien à tout ce que j’avais déjà apprécié dans l’essence même de l’œuvre, dans son histoire, dans son univers.
En principe je chronique les séries dans leur intégralité, et non pas volume par volume. Mais les enjeux mis en place à partir du second tome créent une telle rupture de ton, qu’il m’a paru plus cohérent d’en faire un article différent.

Conclusion :
Pas aussi génialissime que je ne m’y attendais, mais une sacrée bonne lecture quoi qu’il en soit.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les bureaux portables
- l'endurance
- les pseudos
- les balançoires