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10 juillet 2014

Jean M. Auel : Les Enfants de la terre, Le clan de l'ours des Cavernes (Earth’s Children: The clan of the cave bear)

Ce que l’éditeur nous dit : Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer. Lentement, durant des millénaires, l'homme s'est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il connaît l'outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s'abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d'harmonie. En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, les gestes et les paroles d'Ayla suscitent l'étonnement et l'inquiétude. Car, venant d'une tribu plus évoluée que celle d'adoption, Alya diffère physiquement et psychologiquement : elle s'oppose souvent à leurs coutumes et à leurs règles. Le clan songe donc à la supprimer...

Ce que j’en pense :
Voici une seconde (re)lecture dans le cadre du challenge Rupestre Fiction. Ayant déjà entamé la série il y a quelques années, mais m’étant arrêtée en cours, je me suis dit que tant qu’à faire de s’y replonger autant repartir de zéro. Et pour la seconde fois je comprends le succès de cette série extrêmement bien écrite. L’auteur a su trouver un juste milieu entre les descriptions méthodiques du quotidien des hommes des cavernes et l’implication d’une dynamique spirituelle et sociale très forte qui permet de s’attacher aux personnages. Certes le ton est plus que modernisé, et le récit bourré d’anachronismes. Jean M. Auel n’hésite pas à prendre des libertés, par exemple en imaginant des rites dont il serait difficile de prouver la véracité, et allant jusqu’à contredire la communauté scientifique en imaginant un possible métissage entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens. A noter que toute la base du roman réside entre la cohabitation entre ces deux espèces du genre humain, l’auteur nous proposant même une explication sur la disparation inéluctable de la première, tout en retirant certains jugements de valeurs sur ce qui est “mieux”.


Conclusion :
Un récit passionnant et vecteur de belles valeurs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les genres
- la répartition des rôles
- la relativité de la beauté
- l’apprentissage

3 janvier 2014

Scott Jurek : Eat and Run, My Unlikely Journey to Ultramarathon Greatness

Ce que l’éditeur nous dit :
For nearly two decades, Scott Jurek has been a dominant force—and darling—in the grueling and growing sport of ultrarunning. In 1999, as a complete unknown, he took the lead of the Western States Endurance Run, a 100-mile traverse over the old Gold Rush trails of the California Sierra Nevada. He won that race seven years in a row, setting a course record along the way. Twice he won the Badwater Ultramarathon, a 135-mile “jaunt” through Death Valley. Recently he set an American record of 165.7 miles in 24 hours—6 1/2 marathons in one day. And he was one of the elite runners who traveled to Mexico to run with the Tarahumara Indians, as profiled in the bestseller Born to Run. His accomplishments are nothing short of extraordinary, but that he has achieved all of this on a plant-based diet makes his story all the more so. 
In Eat and Run, Scott Jurek opens up about his life and career—as an elite athlete and a vegan—and inspires runners at every level. From his Midwestern childhood hunting, fishing, and cooking for his meat-and-potatoes family, to his early beginnings in running (he hated it), to his slow transition to ultrarunning and veganism, to his world-spanning, record-breaking races, Scott’s story shows the power of an iron will and blows apart all the stereotypes of what athletes should eat to fuel optimal performance. Chock-full of incredible, on-the-brink stories of endurance and competition, fascinating science, and accessible practical advice—including his own favorite plant-based recipes—Eat and Run will motivate everyone to “go the distance,” whether that means getting out for that first run, expanding your food horizons, or simply exploring the limits of your own potential.

Ce que j’en pense :
Pourquoi ? Telle était la question à laquelle j’ai essayé de trouver une réponse en lisant Eat and Run. Car il faut bien avouer que c'est une idée bizarre que celle de décider de courir une distance de 100, 150 kilomètres, voire plus.
Ce qui est extrêmement intéressant dans le bouquin de Scott Jurek est qu’il partage son vécu : son parcours sportif, la façon dont il a découvert puis aimé la course à pied d’endurance plus spécifiquement, la façon dont il a vécu certaines courses en compétition mais aussi durant les entraînements, la recherche lente et passionnante de comment traiter son corps pour être capable de donner le meilleur de soi-même et au-delà. Ce qu’il nous décrit c’est finalement une philosophie de vie. Décrivant le pire comme le meilleur, on sent qu’il s’est livré sans limite, ce qui le rend très attachant.
En parlant de ce livre autour de moi, quelqu’un a réagit au fait qu’il “s'astreignait” un régime végétalien en disant que Scott Jurek ne devait pas beaucoup aimer la vie (c’est bien connu gavage = bon vivant), alors que d’après ce que j’en ai lu, c’est tout le contraire. Il faut avoir sacrément envie de se battre et d’avancer pour aller aussi loin qu’il l’a fait, il faut désespérément aimer la vie même. Et pour lui ce régime alimentaire n’est qu’un moyen de plus de vivre cette exaltation, puisqu’elle est source de nombreuses joies. Il semble prendre un véritable plaisir à manger, aussi bien qu’à cuisiner et étudier les aliments, sans compter le bien être et les performances que cette manière de se nourrir lui procure. Puisque cela lui convient si bien il serait absurde qu’il fasse autrement.
En bonus, mais sans entrer véritablement dans le technique, Scott Jurek révèle quelques trucs et astuces pour progresser en course, ainsi que quelques unes de ses recettes fétiches. Très chouette !

Conclusion :
Une lecture indispensable pour les coureurs et fortement conseillée pour tous les autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la recherche de soi
- le grain de folie
- l’apprentissage
- les défis


21 juin 2012

Audrey Niffenegger : The time traveller's wife

Ce que l’éditeur nous dit :
"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. " Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. II a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...


Ce que j’en pense :
Ce livre aurait pu être un chef d’œuvre. Tout commence avec une idée géniale, celle d’exploiter le voyage dans le temps telle une malédiction (ou un don, cela dépend du point du vue et du moment), qui s’abattrait sur son sujet sans crier gare. Loin des romans avant-gardistes de science-fiction, il s’agit de la chronique de deux vies. Ce qui caractérise le récit est son incroyable vraisemblance (tout est relatif bien sûr). Tout d’abord dans les personnalités des différents protagonistes, si bien décrites dans leurs complexités, leurs évolutions et même leurs absurdités. Il en va de même dans le déroulement de ces vies, qui loin d’être tracées d’une ligne blanches doivent subir les aléas de joies et de peines que tout un chacun se doit de traverser pour espérer trouver et conserver le bonheur. Et force est d’admettre que le concept est drôlement bien exploité.
Malheureusement, quelques défauts un peu trop flagrants pourront en arrêter plus d’un. Le premier est la longueur du roman. De nombreuses pages auraient mieux faites de ne pas être écrites, car n’apportant au lecteur aucun élément constructif. Un peu de détails et de descriptions pour la forme, pourquoi pas, mais trop c’est trop. Ajoutons à cela une certaine mièvrerie qui se serait glissée entre les pages. Une minute le livre est incroyablement mature et passionnant, la suivante on tombe dans la contemplation et le gnan gnan sans fin des romans a l’eau de rose (les 50 dernières pages en sont farcies, dommage pour la fin). Le romantisme a bien évidemment sa place dans le récit d’un amour, mais il faut parfois savoir ménager son lecteur…

Conclusion :
Un très beau livre qui vaut la peine, mais en sautant quelques passages.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le violon
- les chaussures
- les pique-niques
- l’apprentissage