Ce que l’éditeur nous dit :
À peine sortie des quatre murs de la maison familiale, l'Anglaise Claire Pendleton embarque pour Hong-Kong, au bras d'un homme épousé sans passion ni délai. Les embruns salés encore sur la peau, loin de sa vie tranquille de jeune fille rangée des années cinquante, Claire débarque sur cette île lointaine. Professeur de piano dans une riche maison chinoise, elle s'éprend du chauffeur de la famille, un Anglais lui aussi. Mais qui vit à Hong-Kong depuis longtemps. William est arrivé sur l'île en 1941. Il a connu le faste de la colonie britannique, l'insouciance d'avant-guerre, l'amour fol et léger, le visage sublime et troublant de Trudy, une Eurasienne, devenue sa maîtresse et sa reine. Jusqu'à ce que la guerre gagne les rives de Hong-Kong et que son rêve se fracasse contre la réalité. L'invasion japonaise laissera des traces, visibles mais indéchiffrables, en lui. Et de ces cicatrices, Claire, dix ans plus tard, sondera le mystère. D'une époque l'autre, Janice Y. K. Lee noue pour mieux les dénouer les fils d'une histoire dévorée de passion, de regret et de trahison. Son extraordinaire intuition narrative, ses personnages singuliers et son écriture délicate et vibrante capturent l'attention et l'émotion.
Ce que j’en pense :
Le professeur de piano, c’est Claire, théorique personnage principale de cette épopée. Les premiers chapitres laissent à penser que deux époques nous seront comptés, le passé étant bien souvent une explication du présent.
Mais tout cela n’est que prétexte. Bien vite tout se concentre sur Trudy et William, leur histoire et celle de leur patrie d’adoption, Hong-Kong, alors que celle-ci est en proie aux évènements (pas très joyeux) de la seconde guerre mondiale. Janice Y. K. Lee nous emporte alors dans une épopée tragique, à la fois très documentée et surtout très bien écrite. Elle nous permet ainsi la vie des d’apprécier que la grande guerre n’a pas touché que l’Europe, loin de là. C’est drôle de voir qu’avec l’omniprésence de cette époque au programme scolaire, moi, ancienne écolière, n’avait jamais entendu parler de ce qui s’était passé dans cette partie du globe. Bref un récit des plus intéressant.
Et, pouf, le souffle retombe, nous voilà revenu “au présent”, c’est à dire à la pauvre Claire, personnage franchement pas très charismatique. La différence d’intensité entre les époques est trop importante pour nous la faire apprécier, à telle point qu’elle serait presque de trop. Dommage que l’auteur est un peu bâclé cette partie.
Conclusion :
Un récit enflammé qui ne laissera pas insensible, même si certains passages sont de moins bonne qualité.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le champagne
- les collines
- les autorisations
- les relations
Avec cet article, je complète le challenge Dragon 2012, pour la catégorie Dragon d'eau.
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26 juin 2012
16 mai 2011
Tran Anh Hung : La Ballade de l'impossible - Norvegian Wood (ノルウェイの森 - Noruwei no more)
Ce que le synopsis nous en dit :
Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.
Ce que j’en pense :
Inconditionnelle des œuvres de Haruki Murakami, j'attendais avec impatiente de voir l'une d'entre elles portée à l'écran. La Ballade de l'impossible étant parmi ses seuls livres ne contenant pas de "fantastique", le choix semblait plutôt judicieux. Par ailleurs, l'auteur étant réputé pour être l'un des "japonais les plus occidentaux", le fait que le réalisateur soit un français d'origine vietnamienne menant des acteurs japonais, était plutôt un bon présage.
Comme dans toute adaptation, des coupes sèches ont dû été faites pour arriver à une durée raisonnable, engendrant quelques frustrations. Pour moi, toute la subtilité de Murakami réside dans son attachement aux détails, qui n'ont ici que peu leur place. Un effort est tout de même à noter en ce sens, avec par exemple l'omniprésence des repas. Mais c'est surtout dans la profondeur des personnages, en particuliers des personnages secondaires, que la superficialité est la plus flagrante comparée à l'œuvre originale. Par contre, la retranscription de l'atmosphère, un peu lente et totalement prenante, surréaliste, est une vraie réussite. Dommage qu'elle soit gâchée par une bande sonore absolument atroce (à mon goût). Si la musique atonale et déchirante peut effectivement représenter la douleur, elle devrait être utilisée à dose homéopathique. Pourquoi faire également souffrir nos oreilles, alors que seules les émotions auraient suffit ? En contrepartie sonore, la voix absolument sublime de l’actrice Rinko Kikuchi.
Enfin, je doute de la réaction des personnes ne connaissant pas l'auteur, que la "franchise" de certaines scènes pourraient surprendre.
Conclusion :
Cela ressemble à du Murakami, mais ce n’en est pas. Un beau film tout de même.
A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la vie
- les cris
- les pots d’échappement
- les relations humaines
Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.
Ce que j’en pense :
Inconditionnelle des œuvres de Haruki Murakami, j'attendais avec impatiente de voir l'une d'entre elles portée à l'écran. La Ballade de l'impossible étant parmi ses seuls livres ne contenant pas de "fantastique", le choix semblait plutôt judicieux. Par ailleurs, l'auteur étant réputé pour être l'un des "japonais les plus occidentaux", le fait que le réalisateur soit un français d'origine vietnamienne menant des acteurs japonais, était plutôt un bon présage.
Comme dans toute adaptation, des coupes sèches ont dû été faites pour arriver à une durée raisonnable, engendrant quelques frustrations. Pour moi, toute la subtilité de Murakami réside dans son attachement aux détails, qui n'ont ici que peu leur place. Un effort est tout de même à noter en ce sens, avec par exemple l'omniprésence des repas. Mais c'est surtout dans la profondeur des personnages, en particuliers des personnages secondaires, que la superficialité est la plus flagrante comparée à l'œuvre originale. Par contre, la retranscription de l'atmosphère, un peu lente et totalement prenante, surréaliste, est une vraie réussite. Dommage qu'elle soit gâchée par une bande sonore absolument atroce (à mon goût). Si la musique atonale et déchirante peut effectivement représenter la douleur, elle devrait être utilisée à dose homéopathique. Pourquoi faire également souffrir nos oreilles, alors que seules les émotions auraient suffit ? En contrepartie sonore, la voix absolument sublime de l’actrice Rinko Kikuchi.
Enfin, je doute de la réaction des personnes ne connaissant pas l'auteur, que la "franchise" de certaines scènes pourraient surprendre.
Conclusion :
Cela ressemble à du Murakami, mais ce n’en est pas. Un beau film tout de même.
A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la vie
- les cris
- les pots d’échappement
- les relations humaines
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