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2 mars 2014

Sibylline, Capucine et Jérôme Aviau : Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret

Ce que l’éditeur nous dit :
Alphonse Tabouret est un petit bonhomme né de la dernière pluie au milieu de la forêt. Il a tout à apprendre et c’est le Monsieur qui lui montre les premiers trucs amusants à faire. Mais après une discussion un peu sèche, le Monsieur décide d’aller voir ailleurs s’il y est, laissant seul notre petit bonhomme. Il n’a plus le choix, c’est le monde qu’il doit aller explorer. Au fil des rencontres, au détour d’un chemin, il découvre des gens, des bestioles, des trucs et des machins qui lui feront vivre des aventures chouettes, et lui apprendront plein de choses importantes sur la vie.

Ce que j’en pense :
L’histoire d’Alphonse Tabouret reprend la thématique du voyage initiatique, démarrant à la source avec la naissance même du personnage principal. Si le sujet est très classique, la manière de le traiter ne l’est pas. Au contraire, sous un trait à première vue très simpliste, les trois auteurs nous offrent un ensemble de dessins riches en détails (les personnages sont particulièrement expressifs - la manière dont on focalise sur les visages durant les conversations par exemple est un vrai délice) et une histoire plus complexe qu’il n’y parait. Pleine de sens cachés, elle peut être lue à plusieurs niveau, sans pour autant faire dans le déjà vu. Je le relirais une seconde fois avec plaisir, pour apprécier au mieux toutes les subtilités que je n'aurais pas encore remarquées.

Conclusion :
Une œuvre très plaisante à lire, qui met du baume au cœur.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les flaques
- les vides
- les choses
- les expressions podales

28 décembre 2012

Yôko Ogawa : La petite pièce hexagonale

Ce que l’éditeur nous dit :
Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit à travers la ville jusqu'à une loge de gardien au milieu d'un parc. A l'intérieur, les deux femmes sont assises sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus âgée se lève, entre dans une haute armoire hexagonale : la petite pièce à raconter...
Etrange et obsédante, cette courte histoire fait appel à la poésie et à l'imaginaire pour évoquer les mystères de l'introspection, de la confession et de la psychanalyse.

Ce que j’en pense :
L’un de ces livres dont on ne sait quoi en penser une fois la dernière page tournée. Une certaine impression d’avoir raté quelque chose, peut être des pages que l’on aurait oubliées de lire. La petite pièce hexagonale est réputé pour être une métaphore de la psychanalyse. Si j’ai bien vu le rapport, j’ai trouvé la métaphore un peu légère.
L’atmosphère et le rythme lent ne sont pas désagréables, au contraire. Mais tout cela pour dire bien peu de choses au final, un contenu pas assez développé. Les tenants et aboutissants psychologiques sont flous, voire illogiques. La cause est la conséquence de la cause : oui la pensée humaine est toujours complexe, mais entre la poule ou l’oeuf il faut parfois choisir.

Conclusion :
Des idées, mais pas la plus belle réussite de l’auteur.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les trousses de toilette
- les choses renversées
- la cire
- la forêt




9 novembre 2012

Haruki Murakami : 1Q84 (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d'une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d'événements, de dates en rapport avec l'Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l'autobiographie d'une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l'âge d'un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?

Ce que j’en pense :
Il m’a semblé que cette nouvelle oeuvre d’Haruki Murakami avait beaucoup fait parler d’elle que les précédentes (ou bien est ce seulement que le budget communication était plus élevé). Et c’est vrai qu’elle a quelque chose de différent, même un peu déroutant. Tout d’abord par son découpage, la pluralité des personnes principaux et surtout que l’un d’entre eux soit une femme (l’auteur a peut être déjà tenté l'expérience auparavant mais je n’ai lu ce cas de figure).
Le sujet abordés sont également nouveaux, avec des points de vus sur des sujets de sociétés plus tranchés que d’habitude. Pas inintéressant du tout.
Mais l’on retrouve aussi certains points plus familiers de l’auteur, tel que ce style si envoûtant, la présence de fantaisie toujours si bizarrement appropriée et surtout toutes ces questions restées sans réponses parce finalement ce n’est pas si important.
Si le titre fait sans conteste référence au livre d’Orwell, ce qui est tout à fait justifié dans les deux premiers volumes, le dernier volet m’a finalement pensé à l’oeuvre de René Barjavel, La nuit des temps.
Mais au final, je dirais tout de même que j’ai moins aimé 1Q84 que tout ce que j’avais pu lire précédemment par Haruki Murakami. Peut être trop de genre différents ont ils été abordés, peut être qu’à mon goût la tournure policière ne lui convient pas. Je ne serais pas vraiment expliquer pourquoi, juste un vague sentiment, bien présent mais pas aussi fort qu’avant.

Conclusion :
Un auteur fabuleux, avec de solides références en littératures, qui ne cessera de nous surprendre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les petites choses
- les toboggans
- les sacs
- l’utilité des objets qui apparaissent