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26 janvier 2016

Adam McKay : The big short, le casse du siècle

Ce que le synopsis nous dit :
Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

Ce que j’en pense :
Entre le film à suspense et le documentaire The big short peine à se décider, pour finalement ne nous satisfaire sur aucun plan. Il s’agit ici de dénoncer les faiblesses des systèmes bancaires, en exposant au grand public ses grands rouages (comprendre : balancer en vrac le vocabulaire technique et quelques définitions). Le problème c’est qu’au lieu de prendre le temps de poser les choses et de laisser au spectateur une chance d’assimiler ces notions, tout s'enchaîne très vite, codes du thriller hollywoodien obligent. Rien n’est véritablement expliqué et l’histoire est pénible à suivre, tandis qu’on est rapidement soûlé par ce flot ininterrompu d’information. Même la mise en scène et la narration semblent confuses d’avoir voulu emprunter à trop de genres. Il aura suffit d’un quart d’heure pour que l’idée maîtresse du film soit posée, la suite n’étant qu’une maladroite tentative de rentrer dans le détail : on est loin du divertissement annoncé d’un Ocean’s eleven. Et si l’objectif était la prise de conscience, il est également raté, car je ne me suis pas sentie touchée par le sujet. A noter que j’étais accompagnée par une personne qui maîtrisait déjà le sujet, donc en principe mieux armée pour suivre ce film, mais qui a pourtant aussi peu apprécié la séance que moi.

Conclusion :
Idéal pour froncer les sourcils pendant deux heures.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les tableaux vélédas
le bon moment pour décrocher son téléphone
la préparation de rendez-vous
les pubs



22 août 2015

Andrew Sean Greer : Les vies parallèles de Greta Wells (The Impossible Lives of Greta Wells)

Ce que l’éditeur nous dit :
New York, Greenwich Village, 1985. Greta Wells, une photographe, est atteinte de dépression : son frère jumeau Félix est mort du sida, et son petit ami Nathan vient de la quitter. Elle entreprend un traitement par électrochocs.
Le lendemain matin Greta découvre qu'elle a changé d'époque - nous sommes maintenant en 1918. Félix est bien vivant, il est fiancé à la fille d'un sénateur et a une liaison secrète avec son avocat, Alan.
Mais la voilà à nouveau projetée dans le temps - en 1941, cette fois. Greta a épousé Nathan, avec qui elle a fondé une famille. Elle fréquente aussi Léo, un homme plus jeune qu'elle. Ces vertigineux allers-retours sont bien plus que des changements d'époque : ce sont des mondes différents que doit affronter Greta, des vies alternatives parmi lesquelles il lui faudra, si elle en est capable, choisir celle qui lui convient. Dans le dédale du temps, une femme cherche son chemin...

Ce que j’en pense :
Andrew Sean Greer nous offre à la fois un voyage dans le temps et dans des dimensions parallèles : combo ! Il est intéressant de voir son interprétation sur la manière dont les moeurs influencent les personnes. Non, nous ne serions pas exactement les mêmes personnes si nous étions nés à une autre époque. Mais nous ne serions pas complètement différents non plus.
Ce avec quoi j’ai eu plus de mal est l’évolution de Greta au fil du roman, tandis qu’elle s’acharne à refaire les mêmes erreurs encore et encore. Elle finit par apprendre, mais si lentement. Cela la rend peut-être plus humaine, plus réaliste, mais à ce point : elles commet les mêmes impairs, avec les mêmes personnes et sur les mêmes sujets, il y aurait presque de l’auto-flagellation dans l’air. Parallèlement elle s’adapte étonnement bien aux âges qu’elle traverse, les différents niveaux de modernité ou les tenues vestimentaires ne semblant pas l’affecter outre mesure.
Je m’attendais plus à un roman d’apprentissage, tandis que la solution proposée est plutôt celle de de trouver sa place ailleurs (en quelque sorte, je ne vais tout de même pas vous révéler le dénouement). Ainsi je me serait presque plus attachée à certains personnages secondaires qu’à cette héroïne qui ne sais pas prendre de décision, qui reste mélancolique même dans les situations heureuses (pour le coup l’état de dépression est presque trop bien représenté).  Il faut dire que l’auteur n’a pas choisit les périodes les plus joyeuses du XXème siècle pour faire voyager son personnage.
Au final une lecture intéressante, bien qu’un peu lancinante, mais qui laisse un sensation un peu désagréable.

Conclusion :
De bonnes choses, mais loin du roman feel-good auquel je m’attendais.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les survivants
les interdits
les rendez-vous hebdomadaires
les clubs

23 mars 2012

Akiko Itoyama : Le Jour de la Gratitude au Travail

Ce que l’éditeur nous dit :
Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail, vu du côté féminin, au Japon. " Quel est votre but dans la vie ? " a-t-on demandé à Kyôko lors de son premier entretien d'embauche. " Vivre vieille ", a-t-elle répondu. Après avoir été virée pour avoir molesté son patron. la voilà qui accepte de rencontrer un homme infatué de lui-même et de la taille... de son entreprise. Dans le second récit, l'amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futo est de nature assez spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent au travail sont parfois très puissants, il est rare que le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de hoquet, devant son appartement. Serait-ce parce qu'ils partagent un secret ? Ce secret que chacun de nous abrite, peut-être sans importance, mais que personne ne doit connaître. L'art d'Itoyama Akiko, c'est de savoir, dans le tableau d'ensemble, repérer le détail qui, soudain, bouleverse la perspective. Ses deux récits colorent la banale réalité du travail de la touche de l'imprévisible ; alors l'être humain révèle son excentricité cachée, et la lutte pour le pain quotidien, son ironique vacuité.

Ce que j’en pense :
Jusqu’à présent, j’ai pu distinguer trois types d’auteurs, ou plutôt de style, au cours de mes lectures nippones : les mal-être dérangeants (Akiyuki Nosaka), les combats intérieurs (Hiromi Kawakami, Yôko Ogawa ou Kyoichi Katayama) et Haruki Murakami. Si mon âme sensible ne permet pas vraiment d’apprécier la première catégorie, j’ai toujours passé de bons moments entre les deux suivantes. L’écriture japonaise exerce sur moi une fascination à la hauteur de celle que j’éprouve pour cette civilisation si différente de la notre.
Et bien voici l'exception venant confirmer la règle, car je n’ai pas du tout été fascinée par Le jour de la gratitude au travail. Certes il est toujours intéressant d’avoir un nouveau point de vue sur les conventions régissant cette société, ici celles du monde du travail et des femmes. Les deux histoires mises en parallèles montrent que l’entreprise peut autant se montrer cruelle que respectueuses envers elles. Ce n’est pas mauvais, mais bon, tant de mots pour pas grand chose. Heureusement le livre ne compte que 100 pages, ce qui nous sauve de l’ennui...

Conclusion :
Bof.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chantiers
- les rendez-vous arrangés
- les bars
- les mutations


20 septembre 2011

Tonino Bénacquista : Quelqu'un d'autre

Ce que l’éditeur nous dit :
Qui n'a jamais eu envie de devenir «quelqu'un d'autre» ? Celui que l'on a toujours voulu être ? Celui qui n'aurait pas abandonné, en cours de route, ses rêves et ses désirs ? Un soir, dans un bar, deux inconnus se lancent un pari. Ils se donnent trois ans, pas un jour de plus, pour devenir «cet autre». Mais on ne devient pas quelqu'un d'autre impunément. On risque, pour le pire et le meilleur, de se retrouver soi-même..."

Ce que j’en pense :
A peine rendu Saga, voilà que sa prêteuse me met Quelqu'un d'Autre entre les mains. Et là, grosse hésitation. Car lire deux fois le même auteur dans un temps trop court, c'est prendre le risque de s'en lasser... Mais c'était sans compter sur le talent de Tonino Bénacquista, qui contrairement à un trop grand nombre d'écrivains, a plus d'une plume à son arc. En effet, l'ambiance et le style de Quelqu’un d'autre plongent dans un univers sans rapport avec celui de Saga (même si une étude plus approfondie laisse tout de même entrevoir des similitudes). Le fait que l'on suive en parallèles deux personnages évoluant dans des univers totalement distincts, vivant des aventures définitivement différentes, n'est qu'une preuve supplémentaire de la capacité de l'auteur à se diversifier.
Le résultat est une littérature facile à lire et intéressante. Les personnages (et surtout leurs choix) peuvent plaire ou ne pas plaire, mais n'en sont pas moins agréable à suivre. Et la fin est juste très bien. Un point commun avec Saga serait cette faculté de pousser l'idée de départ aussi loin que possible, quitte à dépasser l'entendement commun (même si cette fois, cela resterait presque plausible). Et ce n'est certainement pas moi qui vait m'en plaindre.

Conclusion :
Très bien.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la vodka
- les démolitions
- les coup croisés
- les rendez-vous