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28 juin 2016

Tim Miller : Deadpool

Ce que le synopsis nous dit :
Deadpool, est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Ce que j’en pense :
Par mauvais concours de circonstances, je n’ai malheureusement pas pu assurer mon RDV cinématographique avec l’un des derniers nés de chez les X-Men, j’ai nommé Deadpool. Il faut dire que le film fait office d’ovni dans la série, sans compter avec la sortie si rapprochée de l’opus Apocalypse. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai eu la chance de me rattraper lors d’un vol courrier. La présence de bruits des moteurs n’a peut-être pas permis un visionnage optimal, a fortiori quand il s’agit de suivre un débit élevé d’anglais non sous-titré, mais tant pis. Si quelques répliques m’auront échappées, cela ne m’aura pas empêchée d’en apprécier la majorité.
Précédement des rumeurs m’avaient laissée entendre que si Deadpool s’annonçait comme subversif, en réalité il revenait rapidement aux codes habituels du genre. Si l’effet blockbuster est bel et bien là, j’ai donc été surprise de voir qu’un petit vent frais soufflait bel et bien sûr ce film. Lorsque le personnage principal s’adresse directement au spectateur il s’agit non seulement d’apartés face caméra, mais surtout celui qui parle est l’un des « acteurs de ce système » plus que super héros : il fait référence à d’autres interprètes ou aux questions financières de production, utilise des produits dérivés (figurines par exemple), etc. Le second aspect différenciant à mon sens est la structure, tandis que le film se concentre uniquement sur comment Deadpool est devenu Deadpool. Contrairement à bien de ses pairs, il ne s’agit ni d’une courte introduction suivie par un gros méchant à combattre, ni d’une pièce de puzzle isolée qui ne fait pas sens sans d’autres films supplémentaires. Certes on pourrait également le voir comme une longue introduction à une suite prévisible, ce qui rendrait caduc les deux arguments précédents, n’empêche que Deadpool se tient, se suffit à lui-même sans qu’aucun autre élément ne soit indispensable. C’est déjà pas mal !

Conclusion :
Un blockbuster certes, mais un peu différent tout de même.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
l’asphyxie
les masques
la sincérité en amitié
la gestion des rivaux en amour




15 août 2015

Claire North (Catherine Webb) : Les quinze premières vies d'Harry August (The First Fifteen Lives of Harry August)

Ce que l’éditeur nous dit :
Harry August se retrouve sur son lit de mort.
Une fois de plus.
Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Peu importent ses actions ou ses choix, le processus est toujours le même. Harry ne sait comment ni pourquoi, seulement qu’il en existe d’autres comme lui.
Alors qu’arrive la fin de sa onzième vie, une petite fille apparaît à son chevet. « J’ai bien failli vous rater, Docteur August, dit-elle. Je dois vous transmettre un message, passé d’enfant à adulte, d’enfant à adulte, à travers des générations depuis mille ans dans le futur. Le voici : « Le monde se meurt, et nous ne pouvons rien y faire. À vous de jouer. » »
Voici l’incroyable histoire d’Harry August, de ce qu’il a fait, de ce qu’il va faire, et comment il va essayer de sauver un passé qu’il ne peut changer, et un futur qu’il ne peut accepter.

Ce que j’en pense :
Un excellente idée de départ, qui démarre plutôt bien. Revivre sa vie à l’infini, tout en conservant les souvenirs des essais précédents : cela signifie vivre à nouveau son enfance en tant qu’adulte, avoir la possibilité de faire des choix différents, apprendre et voyager énormément, devenir une “personne meilleure” peut-être...
Le problème c’est qu’il faut bien un début et une fin au roman, donc un fil conducteur. Malheureusement Claire Webb n’a rien trouvé de mieux que de nous embarquer dans une pseudo enquête inter-temporelle qui ne m’a personnellement que très peu intéressée. Les personnages qu’elle à créés, par leur immortalité, semblent inatteignables, rendant difficile la moindre empathie à leur égard. C’est sans compter sur une certain lourdeur dans l’ambiance (la retranscription de la lassitude du narrateur ?), qui vient finir de plomber le texte. Et la pseudo tentative de créer du suspense en faisant quelques aller-retour dans les différentes vies au lieu de traiter le sujet de façon chronologique n'aura certainement pas arrangé les choses (ça aurait pu, mais non). Si j’ai réussi à parvenir jusqu’à la dernière page, à mon sens ce livre est tout de même un beau ratage.

Conclusion :
Une bonne idée que son auteur n’a pas su exploiter. Raté.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les traumatismes
les chasses au trésor
l’amitié
la famille



27 janvier 2015

Tricia Peele : Du sang dans les pétunias (42 nuances de rouge, épisode 1)

Ce que l’éditeur nous dit :
Vous voulez de la violence, du drame, du sexe, du sang et de la chlorophylle ? L'idée de croiser dans une même aventure un savant fou, un playboy millionnaire et un pétunia, tous psychopathes et obsédés sexuels, vous titille les papilles ? Rejoignez Tricia Peele, héroïne de ce thriller horrifico-érotico-écolo-SF, dans des aventures trépidantes.
"Du sang dane les pétunias" est le premier épisode de la série littéraire "42 nuances de rouge". Cette dernière vous propose un détournement de la chick lit et un hommage potache aux films de série B voire de série Z, aux pulps américains et aux romans de gare. 

Ce que j’en pense :
J’ai découvert ce court roman à Geekopolis, sur le stand du Grand Ordre de la serviette. Cette association qui “a pour but de promouvoir l'esprit et l'humour british en France”, organise des événements tels que le jour de la serviette (en référence au roman H2G2 de Douglas Adams). Convaincue par la teneur du stand, autant que par des extraits plutôt drôles du texte, et voulant “faire un petit geste”, je me suis décidée à investir dans ce roman... dont je me suis empressée de me débarrasser dès que je l’ai eu terminé. Certes cela m’a détendu un jour durant lequel, malade, il correspondait à mes capacités intellectuelles du moment, mais même avec le cerveau dans les choux je n’ai pu que constater à quel point il était mauvais. Non pas que je m’attendais à de la grande littérature alors que l’auteur ne se vante pas d’avoir écrit autre chose qu’un postache, mais cela n’exclut pas un minimum de finesse d’esprit, et surtout devrait avoir pour ambition d’être amusant. Or la quatrième de couverture était le seul passage amusant. Le contenu est dépourvu d’intérêt, reprenant vaguement les codes de certains genres mais sans les exploiter. Le postache voudrait que l’on les tourne en dérision, ce qui n’est pas véritablement fait ici, l’auteur se contentant de les effleurer. J’espère que personne n’osera publier une suite (ou mieux, que Tricia Peele rendra service à tous en ne l’écrivant pas).

Conclusion :
Nul.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les surnoms
les concepts d’amitié
les mensonges
les résidences secondaires


27 août 2014

Vanyda : Celle que... (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Toutes suivent avec intérêt les séries. Valentine, Émilie, Julie et Yamina forment un petit club, pas fermé, mais soudé. Leurs préoccupations sont celles de leur âge : elles pensent aux garçons, fument en cachette de leurs parents, boivent parfois un coup de trop...

Ce que j’en pense :
Celle que je ne suis pas, celle que je voudrais être, celle que je suis... Des titres extrêmement bien trouvés et si représentatifs de cette période si particulière de l’adolescence. Certes le sujet n’est pas original, et les préoccupations de Valentine et sa bande tout à fait banales, mais Vanyda les raconte bien, avec un ton juste et réaliste. Pour ma part je me suis tout à fait retrouvée dans cette jeune fille qui ne sait pas dire non, qui laisse un garçon l’embrasser même si elle pense en même temps que c’est le dernier des crétins (et que c’est un peu baveux), parce qu’elle ne sait pas vraiment faire autrement et parce qu’il faut bien expérimenter. Au départ elle se laisse aveuglement porter, elle subit le cours de événements, avant de commencer à se faire une idée, pour finalement être capable de faire ses propres choix (bons ou mauvais d’ailleurs, là n’est pas la question, tant que c’est elle qui décide). En ce sens, l’évolution proposée au fil des trois tomes est très bonne. Et comme les dessins sont agréables (sans être vraiment plus originaux que le reste), cela qui ne gâche rien.

Conclusion :
L’adolescence dans toute sa splendeur, joliment racontée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les clubs
- l’influence
- les commérages
- les amitiés


1 août 2014

Jack London: Avant Adam (Before Adam)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le monde préhistorique aura inspiré au tournant du siècle passé, deux romans que tous ceux qui les ont lus s'accordent à qualifier d'inoubliables : La Guerre du feu de Rosny aîné (1911)... et Avant Adam de Jack London, publié quatre ans plus tôt.
La simple idée de résumer une saison entière, de l'histoire de l'humanité (les 20 000 ans du Paléolithique supérieur) sous la forme d'une fiction de moins de deux cents pages excitait London au plus haut point. A quoi répond, sans un temps mort, l'excitation du lecteur embarqué dans cette aventure à la suite de l'inventif Grande-Dent et de sa douce compagne la Véloce...

Ce que j’en pense :
Un point intéressant à démultiplier les lectures concernant la préhistoire est la manière dont cette période peut être interprétée de bien des manières par les écrivains. Après tout, on parle ici d'une ère qui s’est étalée sur plus de deux millions d’années, je ne devrais donc pas être surprise que les possibilités soient nombreuses.
Jack London a choisi de remonter aux toutes origines, à cette jonction entre un humanoïde arboricole et végétarien et un autre découvrant le carnisme et l’utilisation d’outils. Le récit est confié à un homme moderne confronté aux réminiscence de l’un de ses très lointains ancêtres, justifiant ainsi l’utilisation d’un langage et d’un certain recul sur les événements. Il est intéressant de voir que dans tous ses écrits (ceux que je connais tout du moins), Jack London aura entretenu un rapport très étroit avec le primitif, le sauvage, sans scrupule. Ses personnages ne sont pas “meilleurs” que d’autres, ils sont simplement bruts, humains, avec tout ce que cela implique en terme d'instinct et de violence, de bestial (et oui).
Si le sujet est intéressant et l’écriture maîtrisée, je dois avouer de pas m’être totalement passionnée par ce roman. Peut-être parce que, bien que je ne renie pas, je ne me reconnais pas tout à fait dans cet humain-là, qui existe mais ne me caractérise pas.

Conclusion :
Parce que le sauvage peut prendre bien des facettes.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cavernes
- la navigation
- l’amitié
- les flèches

6 décembre 2010

Guillaume Canet : Les petits mouchoirs

Ce que le synospis nous en dit :
A la suite d'un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

Ce que j’en pense :
Il semble que “tout le monde” ai vu les Petits mouchoirs, ou plus précisément pleuré devant les Petits mouchoirs. Pour ma part, pas un goutte.
L’histoire est intéressante, un peu lente mais pas ennuyeuse, nous ouvrant une fenêtre sur les amours et surtout les amitiés d’un groupe de personnes.  Comme dans toute tranche de vie, si  un élément déclenchant sert de point d’entrée, la fin du film n’est pas la fin de l’histoire. Toujours un peu frustrant mais logique.
Pour la forme, tout est magnifique, que se soit les paysages, Marion Cottilard (qui prouve une fois de plus sa capacité à pleurer devant une caméra - à se demander si elle sait finalement faire autre chose - et dont j’ai adoré la coupe de cheveux) et surtout la façon de filmer.
Pour le fond, certains sujets sont touchés du doigts sans finalement être vraiment creusés : peu de vrais craquages, certains protagonistes trop laissés à l’écart. Là encore un peu décevant pour un film de cette durée. Cela dit, si les personnages sont tous des caricatures d’eux mêmes, cela n’entache en rien la touche de réalisme du film. J’ai trouvé que niveau amitiés, ces gens là ne s’en sortait pas si mal. Mis à part un gros débilos et sa Juliette, les personnages prennent soins les uns des autres de leur mieux, même si personne n’est parfait et que l’égoïsme reprend parfois le dessus. On en vient d’ailleurs à se dire qu’ils feraient mieux de se préoccuper un peu plus d’eux même, car le problème majeur n’est pas le manque de transparence envers le groupe, mais bel et bien le fait que chacun se mente à lui même.
Enfin, je tiens à exprimer mon indignation extrême pour la scène tant attendue des vérités. Celle où tous sont sensés ouvrir les yeux et entendre la vérité, comble de la frustration : les “vérités” sont énoncées au sens général et le seul personnage pointé du doigt à titre personnel est le SEUL qui a fait de vrais efforts d’amélioration depuis le début ! C’est trop injuste.

En conclusion :

A voir, au moins pour la scène de la tondeuse à gazon et le personnage de Valérie Bonneton

A voir si voulez en savoir plus sur :
- Les scooters
- Les huîtres
- Les tondeuses à gazons
- Le sable

18 juin 2010

Marcel Pagnol : Le Château de ma mère

Ce que l'éditeur nous dit :
Le plus beau livre sur l'amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines.
Marcel rencontre le petit paysan, Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées. Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d'enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu'il considérait comme un diptyque, s'achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l'amitié avec le merveilleux Lili, sans doute le plus attachant de ses personnages.
Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d'une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs.
""Hé ! l'ami"
Je ris un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. "Il ne faut pas toucher les pièges des autres, dit-il. Un piège, c'est sacré ! - Je n'allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l'oiseau.''
Il s'approcha : c'était un petit paysan.
Il était brun, avec un fin ri sage provençal, des veux noirs et de longs cils de fille." 


Ce que j'en pense :
La Gloire de mon père décrivait l'insouciance, les petits bonheurs simples que seule l'imagination de l'enfance peut créer. Dans le Château de ma mère, si les joies sont toujours au rendez-vous, c'est aussi le temps des premiers pincements au cœur. Le petit Marcel entre dans le monde de la vraie amitié, celle qui dure pour toujours. Il découvre aussi la fragilité des autres et apprend la générosité.
D'une plume qui n'a rien perdue de son habilité, à la fois léger et attachant, Marcel Pagnol nous entraine à nouveau dans ses chères collines. On le suit bien volontiers, entrainés malgré nous par des mots qui chantent le soleil et des cigales cachées à chaque coin de pages.
La fin est particulièrement belle et touchante. Chaque mot est juste, nous plongeant inéluctablement dans le beau et le mélancolique à la fois. Une touche d'espoir dans la dureté de la réalité.

Conclusion :
Magnifique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l'amitié
- les canaux
- l'insolation