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19 avril 2016

Harper Lee : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (To Kill a Mockingbird)

Ce que l’éditeur nous dit :
Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

Ce que j’en pense :
Sous une simplicité apparente, le roman de Harper Lee révèle la puissance de ses messages au fil des pages. A noter que j’ai démarré cette lecture en anglais, pour basculer en français après une centaine de pages, ayant l’impression que le niveau exigé me faisait passer à côté de certains éléments. Je me suis aperçue qu’il s’agissait en fait du style même de la narratrice, passant parfois du coq à l’âne dans ses idées.
Nous suivons le quotidien d’une poignée d’enfants dans une petite ville d’Alabama, leurs jeux estivaux en particulier, dont l’univers tourne autour de leur voisinage étendu. Cette promiscuité, leurs nombreuses interactions avec les adultes, leurs propres questionnements “naïfs” sur le monde, leurs étonnements face à ce qui leur paraît juste ou injuste, leurs évolutions personnelles, vont amener le lecteur à s'interroger également. Si certains des thèmes abordés correspondent à un lieu et à une époque, ils n’en restent pas moins universels dans leur approche. Harper Lee nous invite ainsi à la tolérance, à l’acceptation des autres et des différences, même lorsqu’on ne les comprend pas. Je comprend ainsi facilement la portée internationale que connaît Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Pour prolonger un peu la rencontre avec Scout et ses proches, il ne me reste qu’à voir l’adaptation cinématographique de Robert Mulligan.

Conclusion :
Un beau roman intemporel.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les cachettes dans les arbres
les produits agricoles
les vérandas
la lecture



28 février 2011

Mary Ann Shaffer et Annie Barrows : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Ce que l’éditeur nous dit :
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Ce que j’en pense :
Encore un livre sur la guerre et la période de l'occupation, vraiment ? Il aura fallu se laisse influencer par les nombreux commentaires positifs, et surtout un petit coup de pouce, pour se décider à ouvrir ce bouquin au long titre. Et bien oui, je rejoins l'opinion générale : ce livre se lis avec le plus grand délice.
L'écriture sous forme de correspondance est un peu déroutante au départ (mais qui peuvent bien être ces personnes, et quelles sont leurs rapports ?), mais tenter de s'y retrouver est justement ce qui est amusant. Découvrir ces traces laissées par d'autres, tel un secret enseveli par le temps qui ne demanderait qu'à apparaitre au grand jour. Qui n'a pas rêvé de découvrir le journal intime d'un ancêtre dans son grenier ?
Le tout est d'ailleurs très bien ficelé, ne révélant les informations qu'au bon moment et toujours en respectant la crédibilité de la correspondance.
Pour ce qui est du contenu, certes les souffrances de la guerre sont là, mais sans tomber dans l'apitoiement. Tout se passe à l'échelle humaine, et c'est finalement l'"Après" qui nous est conté, additionné d’une touche de géographie,  pour ceux qui comme moi ne connaissais pas les îles Anglo-Normande. Certes on se croirait parfois un peu au pays des Bisounous, mais c'est par ce contraste que le ton reste finalement toujours léger.
Et pour ne rien gâcher, la couverture est bien travaillée.

Conclusion :
A lire sans hésiter.  Maintenant j’ai envie de visiter Jersey.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les éditeurs
- les écrivains
- la lecture
- le vert

18 octobre 2010

Xinran : Baguettes chinoises

Ce que l’éditeur nous dit :
" Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! " C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois sœurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants... Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, une Chine que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois sœurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

Ce que j’en pense :

Toute la force de Xinran réside ici dans sa capacité à mêler faits historique et culturels, témoignages et romance. Le livre participe réellement à nous informer sur le fossé actuel entre Chine urbaine et Chine rurale.
L’histoire, qui commence à la campagne, parait se dérouler à une autre époque tant la vie y est différente. Pourtant les scènes se déroulants en ville nous prouvent bel et bien qu’il s’agit d’une œuvre contemporaine. Le choix d’avoir placé le tout dans des lieux existants, avec des faits inspirés de personnages réels renforce la crédibilité de l’ensemble, permettant au lecteur de mieux se projeter dans cette société lointaine. Cela est également accentué par la sélection de trois protagonistes aux caractères, aux capacités et aux envies très différentes les unes des autres, mais qu’une envie commune rassemble : la volonté de faire de son mieux.
L’écriture est fluide, le rythme bien agencé. Le prologue trouve bien sa place, permettant d’entrer rapidement dans l’univers qui nous est présenté. L’épilogue est quand à lui un brusque retour à la réalité, rappelant qu’après tout il ne s’agit que d’un roman…

Conclusion :
Une très bonne lecture, plaisante et instructive

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les maisons thermales
- les légumes
- les cafés-lecture
- la campagne