TRY ME
Affichage des articles dont le libellé est Xinran. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Xinran. Afficher tous les articles

6 janvier 2011

Xinran : Funérailles célestes

Ce que l'éditeur nous en dit :
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité. 

Ce que j’en pense :
Le Tibet peut faire rêver ou peut faire peur, mais aucune image ne se rapprochera de la réalité à moins d’en découvrir vraiment le quotidien. Finalement peu de romans abordent le sujet, et pour cette raison déjà cette lecture en vaut la peine.
A travers une histoire individuelle, c’est un aperçu de la “confrontation” entre la Chine et le Tibet des années 50, mais aussi du “Tibet ancestral” qu’il nous est donné de voir. Il s’agit également d’un véritable traité sur les cultures : il nous est proposé de notre fenêtre française, de découvrir ce monde par les yeux d’’une chinoise, qui tente de l'appréhender au mieux malgré le fossé avec sa propre culture, le tout retranscrit par les mots d’une sino-britannique. Et sans doute au moins autant d'interprétations que de lecteurs...
Ce livre sait se jouer des paradoxes : il est court (190 pages) et pourtant riche et très bien documenté. Il est à la fois peu de choses (le temps est long dans les plaines), et pourtant en quelques pages seulement beaucoup de choses sont dites, beaucoup d’événements sont relatés (encore une fois, la notion du temps n’est pas la même partout). Il est à la fois des généraliste, mais aussi très personnel, n’oubliant pas les détails du quotidien (telles que les taches de tous les jours ou les sentiments des personnages). Car au final, c’est bien le spécifique et la somme des ces petites actions individuelles qui font d’un pays ce qu’il est, qui constituent une culture.
Ce qui m’aura le plus frappé est cette constance de l'héroïne. Elle ne se détourne jamais de sa quête initiale, n’abandonne jamais malgré le temps qui passe et le peu de certitudes qui l'accompagnent. Il faut bien savoir qu’il s’agit d’une histoire vraie pour envisager cela possible. Cela encore est à mon sens une grande différence culturelle.

Conclusion :
Sans doute pas le meilleur opus de Xinran, mais tout de même très instructif.

A lire si vous voulez en savoir plus sur : 
- la nourriture tibétaine
- le tourisme dans les années 50
- la dermatologie
- les moines

18 octobre 2010

Xinran : Baguettes chinoises

Ce que l’éditeur nous dit :
" Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! " C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois sœurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants... Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, une Chine que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois sœurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

Ce que j’en pense :

Toute la force de Xinran réside ici dans sa capacité à mêler faits historique et culturels, témoignages et romance. Le livre participe réellement à nous informer sur le fossé actuel entre Chine urbaine et Chine rurale.
L’histoire, qui commence à la campagne, parait se dérouler à une autre époque tant la vie y est différente. Pourtant les scènes se déroulants en ville nous prouvent bel et bien qu’il s’agit d’une œuvre contemporaine. Le choix d’avoir placé le tout dans des lieux existants, avec des faits inspirés de personnages réels renforce la crédibilité de l’ensemble, permettant au lecteur de mieux se projeter dans cette société lointaine. Cela est également accentué par la sélection de trois protagonistes aux caractères, aux capacités et aux envies très différentes les unes des autres, mais qu’une envie commune rassemble : la volonté de faire de son mieux.
L’écriture est fluide, le rythme bien agencé. Le prologue trouve bien sa place, permettant d’entrer rapidement dans l’univers qui nous est présenté. L’épilogue est quand à lui un brusque retour à la réalité, rappelant qu’après tout il ne s’agit que d’un roman…

Conclusion :
Une très bonne lecture, plaisante et instructive

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les maisons thermales
- les légumes
- les cafés-lecture
- la campagne