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22 août 2015

Andrew Sean Greer : Les vies parallèles de Greta Wells (The Impossible Lives of Greta Wells)

Ce que l’éditeur nous dit :
New York, Greenwich Village, 1985. Greta Wells, une photographe, est atteinte de dépression : son frère jumeau Félix est mort du sida, et son petit ami Nathan vient de la quitter. Elle entreprend un traitement par électrochocs.
Le lendemain matin Greta découvre qu'elle a changé d'époque - nous sommes maintenant en 1918. Félix est bien vivant, il est fiancé à la fille d'un sénateur et a une liaison secrète avec son avocat, Alan.
Mais la voilà à nouveau projetée dans le temps - en 1941, cette fois. Greta a épousé Nathan, avec qui elle a fondé une famille. Elle fréquente aussi Léo, un homme plus jeune qu'elle. Ces vertigineux allers-retours sont bien plus que des changements d'époque : ce sont des mondes différents que doit affronter Greta, des vies alternatives parmi lesquelles il lui faudra, si elle en est capable, choisir celle qui lui convient. Dans le dédale du temps, une femme cherche son chemin...

Ce que j’en pense :
Andrew Sean Greer nous offre à la fois un voyage dans le temps et dans des dimensions parallèles : combo ! Il est intéressant de voir son interprétation sur la manière dont les moeurs influencent les personnes. Non, nous ne serions pas exactement les mêmes personnes si nous étions nés à une autre époque. Mais nous ne serions pas complètement différents non plus.
Ce avec quoi j’ai eu plus de mal est l’évolution de Greta au fil du roman, tandis qu’elle s’acharne à refaire les mêmes erreurs encore et encore. Elle finit par apprendre, mais si lentement. Cela la rend peut-être plus humaine, plus réaliste, mais à ce point : elles commet les mêmes impairs, avec les mêmes personnes et sur les mêmes sujets, il y aurait presque de l’auto-flagellation dans l’air. Parallèlement elle s’adapte étonnement bien aux âges qu’elle traverse, les différents niveaux de modernité ou les tenues vestimentaires ne semblant pas l’affecter outre mesure.
Je m’attendais plus à un roman d’apprentissage, tandis que la solution proposée est plutôt celle de de trouver sa place ailleurs (en quelque sorte, je ne vais tout de même pas vous révéler le dénouement). Ainsi je me serait presque plus attachée à certains personnages secondaires qu’à cette héroïne qui ne sais pas prendre de décision, qui reste mélancolique même dans les situations heureuses (pour le coup l’état de dépression est presque trop bien représenté).  Il faut dire que l’auteur n’a pas choisit les périodes les plus joyeuses du XXème siècle pour faire voyager son personnage.
Au final une lecture intéressante, bien qu’un peu lancinante, mais qui laisse un sensation un peu désagréable.

Conclusion :
De bonnes choses, mais loin du roman feel-good auquel je m’attendais.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les survivants
les interdits
les rendez-vous hebdomadaires
les clubs

27 août 2014

Vanyda : Celle que... (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Toutes suivent avec intérêt les séries. Valentine, Émilie, Julie et Yamina forment un petit club, pas fermé, mais soudé. Leurs préoccupations sont celles de leur âge : elles pensent aux garçons, fument en cachette de leurs parents, boivent parfois un coup de trop...

Ce que j’en pense :
Celle que je ne suis pas, celle que je voudrais être, celle que je suis... Des titres extrêmement bien trouvés et si représentatifs de cette période si particulière de l’adolescence. Certes le sujet n’est pas original, et les préoccupations de Valentine et sa bande tout à fait banales, mais Vanyda les raconte bien, avec un ton juste et réaliste. Pour ma part je me suis tout à fait retrouvée dans cette jeune fille qui ne sait pas dire non, qui laisse un garçon l’embrasser même si elle pense en même temps que c’est le dernier des crétins (et que c’est un peu baveux), parce qu’elle ne sait pas vraiment faire autrement et parce qu’il faut bien expérimenter. Au départ elle se laisse aveuglement porter, elle subit le cours de événements, avant de commencer à se faire une idée, pour finalement être capable de faire ses propres choix (bons ou mauvais d’ailleurs, là n’est pas la question, tant que c’est elle qui décide). En ce sens, l’évolution proposée au fil des trois tomes est très bonne. Et comme les dessins sont agréables (sans être vraiment plus originaux que le reste), cela qui ne gâche rien.

Conclusion :
L’adolescence dans toute sa splendeur, joliment racontée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les clubs
- l’influence
- les commérages
- les amitiés