TRY ME
Affichage des articles dont le libellé est taxi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est taxi. Afficher tous les articles

19 octobre 2015

Nabil Ayouch : Much Loved

Ce que le synopsis nous dit :
Marrakech, aujourd'hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d'amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Ce que j’en pense :
Un film sur la prostitution, au Maroc, on se doute qu’il y aura des moments pénibles, que tôt ou tard cela va tourner au vinaigre. Heureusement, Nabil Ayouch a su éviter les stéréotypes et nous proposer une oeuvre fort subtile. L’accent principal n’est pas tant mis sur les difficultés quotidiennes rencontrées par ces femmes, que sur la force et le courage avec lesquels elles savent y faire face. Elles font tout leur possible pour ne pas se comporter comme des victimes, mais pour vivre, restées fières, soudées, malgré le peu de considération et d’estime que la société leur prête.
A la suite de cette séance, la lecture d’une interview de Loubna Abidar, Noha à l’écran, m’aura fait prendre conscience également du courage qu’il aura fallu aux actrices pour accepter ces rôles : provocation, nudité, sexualité... si l’intention de Much Loved est de dénoncer, il est facile de penser que la représentation publique de ces éléments va à l’encontre d'une certain bienséance. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour aller vers un monde plus tolérant, plus égalitaire, pour les femmes et pour les hommes.

Conclusion :
Une invitation à prendre conscience, mais aussi à apprécier sa propre chance.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les taxis
les robes
le Coca-cola
le prix de la vie




9 décembre 2014

J. D. Salinger : L'Attrape-Coeurs (The catcher in the rye)

Ce que l’éditeur nous dit :
Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d’œuvre, "L'attrape-coeurs", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Ce que j’en pense :
L’envie de lire ce livre est venue d’une conversation sur mon lieu de travail, alors qu’un collègue expliquait en avoir lu la moitié, mais n’en voyant pas le but, hésitait à en rester là. Un américain en déplacement chez nous lui a alors expliqué que c’était justement ça l’intérêt, qu’il n’y avait pas but. J’ai appris par la même occasion qu’après avoir été initialement placé aux États-Unis dans la liste des “banned books”, il est maintenant souvent utilisé au programme scolaire. Mon collègue a donc poursuivi sa lecture, sans chercher au-delà de ce que les pages lui offraient, et l’a finalement bien aimé.
Appliquant le même principe, j’ai lu ce livre assez rapidement. Ce que j’en retiendrais, c’est l’incroyable difficulté de cet adolescent à “être lui-même” (peut-être est-ce inhérent à cet âge), à être cohérent entre ses pensées et ses gestes et paroles effectifs. Parce qu’il a du mal à trouver des individus qui le comprennent, mais qu’en même temps il ne supporte pas d’être seul, ce qui donne lieu à bon nombre de situations dans lesquelles il n’est tout simplement pas à sa place, et fait n’importe quoi. Alors il broie du noir, un peu plus, l’attirant dans un joli cercle vicieux.

Conclusion :
Il n’y a peut-être pas de “but” à proprement parler, mais tout du moins un personnage fort bien dessiné.

A lire si vous voulez en savoir plus sur : 
les taxis
les gants de base-ball
les dissertations
l’hygiène

24 juin 2014

Isabelle Siryani : Mélatonine

Ce que l’éditeur nous dit :
Côté pile, Ruby est journaliste modeuse... Côté face, cette identité laisse la place à un érotisme noir et impérieux. Et quand cette double vie se voit menacée par les messages d'un maître chanteur inconnu, la jeune femme est bien décidée à mettre la main sur celui qui se joue d'elle. Nuit/jour, badinage/violence, apparences lisses/pulsions intimes, le roman d'Isabelle Siryani se construit autour d'oppositions qu'elle pousse à leur paroxysme afin de mieux susciter l'ambivalence chez son lecteur. Forte et impressionnante, envoûtante et dérangeante, jouant sur les paradigmes de l'amante et de la criminelle, Ruby incarne à elle seule une "anti-chick lit" incisive, mordante, venimeuse et implacable.

Ce que j’en pense :
A mon sens, Melatonine est avant tout le portrait d’une jeune femme dérangée, victime de son besoin impétueux des autres, au point de les détester. Elle a besoin des autres, de leurs regard désireux, de leur jalousie, de leur chaleur corporelle, de leurs odeurs. Par esprit d’opposition, ou peut-être de sauvegarde, elle dépense une énergie considérable à ne pas s’attacher, à attaquer par anticipation et surtout à prendre et garder le contrôle. En tout cas elle essaye. Le problème c’est qu’il s’agit d’une mission perdue d’avance, un équilibre précaire que les aléas de vie se font un malin plaisir à faire basculer à la première occasion. Mais l’héroïne est bien plus forte que cela, et plus elle perd contrôle plus elle déploie de détermination pour rester maîtresse de sa vie, à en devenir folle, à ne plus se donner de limite. Isabelle Siryani va loin dans son écriture, sans pour autant tomber dans le franchement glauque, en tout cas pas plus qu’un Beigbeder. Enfin j’imagine que cela dépend des critères de chacun, mais disons que le public concerné reste assez large. Par exemple si les scènes sexuelles sont très nombreuses, la manière d’en parler ne catégorise pas à mon sens Mélatonine de roman érotique à proprement parler. Et à choisir mieux vaut lire cela qu’un mauvais Fifty shades of Grey, et si ce roman ne m'a pas bouleversée, je relirais cet auteur avec plaisir.

Conclusion :
Un roman intéressant, même s’il pourra déranger certains.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ascenseurs
- les lèche-bottes
- les taxis
- les perruques


3 mai 2010

Emmanuel Benbihy : New-York, I Love You

Ce que le synopsis nous dit :
Depuis l'invention du cinéma, New York n'a jamais cessé de fasciner les cinéastes, qui y puisent d'infinies émotions dans des décors aussi spectaculaires qu'uniques. Des gratte-ciel miroitants aux parcs et aux rues qui sont comme autant de mondes, la ville a été immortalisée dans des milliers de films à travers des centaines d'atmosphères différentes.
 
Ce que j’en pense :

Ayant découvert New-York il y a peu, et gardé une excellente image de Paris, Je t’aime, c’est tout naturellement que je suis allé voir la dernière production d’Emmanuel Benbihy. Et bien j’en suis ravie.
Force est de constater que New-York, I love you est différent de son prédécesseur. Autant que peuvent l’être ces deux ville.
Si le thème est le même, la façon de le traiter ne l’est pas. Tout d’abord, les courts-métrages sont ici présentés de façon homogène, avec plus de continuité et des piqures de rappel entre les épisodes. Ce choix est assez représentatif d’une réalité. Si à Paris, chaque quartier a sa propre couleur et ses habitants leurs propres mœurs, New-York est présenté comme un tout. Un New-Yorkais est avant tout un New-Yorkais.
Autre choix tout aussi à propos : de Paris, on nous montrait du beau, du féerique, mais aussi du triste, du nostalgique ou de l’injuste. A New-York, si la palette d’émotion est au rendez-vous, le happy-ending est beaucoup plus fréquent, à l’image du rêve américain.
D’ailleurs, il est facile de comprendre pourquoi les films de Scarlett Johansson et Andrey Zvyagintsev (visibles sur Youtube) ont été coupés au montage. Il a manqué à ces deux réalisateur un ingrédient mystérieux, celui qui fait se dire au spectateur : « oui, c’est ça, je suis à New-York ».

Conclusion :
Vivement, la sortir au cinéma de Rio, eu te amo.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- l’amour
- la religion
- les taxis
- la rue