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1 septembre 2015

Katarina Bivald : La bibliothèque des coeurs cabossés (Läsarna i Broken Wheel rekommenderar på)

Ce que l’éditeur nous dit :
Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. 
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. 
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

Ce que j’en pense :
On ouvrant ce bouquin, découvert pour la première fois au Salon du Livre, puis vus et revus dans touts les gares et librairies, je m’attendais à un roman dans l’esprit du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Malgré une écriture simpliste, j’espérais une belle histoire.
Pour l'anecdote, j’ai eu un élément de suspense inattendu, lorsqu’à une cinquantaine de pages de clore j’ai réalisé que les mêmes 50 pages étaient répétées, au lieu d’avoir la fin. Erreur d'impression. Heureusement j’ai pu rapidement faire remplacer mon produit défectueux. Je ne sais pas à quel point cela aura contribué à ma déconvenue, mais si j’avais déjà été passablement convaincue par le contenu, j’ai trouvé les chapitres ultimes particulièrement mauvais.
C’est bien beau d’encenser la beauté de la littérature et son amour pour les livres (j’ai bien aimé les noms donnés aux rayons par exemple), mais cela ne dispense pas de faire preuve d’un peu plus d’originalité. L’auteur ne nous gratifie même pas de quelques scènes dans son propre pays, se contraignant au sol américain pour énième lieu d’action. J’ai globalement passé un agréable moment de lecture, mais je déplore que Katarina Bivald n’est pas fait preuve de plus d’imagination.

Conclusion :
Pas foncièrement nul mais assez décevant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le maïs
les tracteurs
les meubles dépareillés
les catégories

20 mai 2015

Stieg Larsson : Millénium, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Millennium: Män som hatar kvinnor)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés.

Ce que j’en pense :
En général j’évite le genre policier, et a fortiori celui à fond noir encadré de rouge (ces couvertures n’augurent rien de très joyeux). Mais, séjour en Suède oblige, et surtout une amie qui m’avait vantée une grande maîtrise de texte, j’ai tout de même tenté l’expérience. Mis à part un chapitre au début sur des intrigues financières qui ne m'ont guère intéressée, j'ai rapidement accroché, puis finalement dévoré le reste du roman. La structure est en effet parfaitement tenue, avec une alternance entre différentes sous-intrigues qui s’imbriquent très bien les unes dans les autres, tout en conservant constamment l’intérêt du lecteur. Concernant les passages “glauques” (que j'avais déjà vu au cinéma les yeux mi-clos), s’ils ne laissent pas de doute quand à l’opinion que veut nous faire passer l’auteur (qui dénonce allègrement les pires travers de la société), les explications sont directes et efficaces, évitant de nous noyer inutilement dans des détails sordides. On sent que la minutie des personnages imaginés par Stieg Larsson n'est sans doute pas éloignée de sa propre manière de raisonner. Ainsi, l’écriture est de manière générale très pragmatique et systématique, et si elle n’a sans doute rien d'exceptionnel en terme de style, elle est très pertinente en terme de narration. Je ne compte pas lire la suite dans l’immédiat (je confirme, on ne ressort pas de ce texte le coeur en fête), mais pourquoi pas un jour.

Conclusion :
Un roman palpitant, dont je comprend mieux l’engouement qu’il a suscité.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les systèmes de données
les détails
les perruques
les emprunts


11 juin 2014

Felix Herngren : Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann)

Ce que le synopsis nous dit :
Le jour de son 100ème anniversaire, un homme s'échappe de sa maison de retraite pour une cavale rocambolesque, certain qu'il n'est pas trop tard pour tout recommencer à zéro. Débute alors une aventure inattendue et hilarante aux côtés d'un escroc, d'un vendeur de hot-dogs, d'une rousse et d'un éléphant...

Ce que j’en pense :
Malgré (ou peut-être à cause) son omniprésence dans tous les points de vente proposant des bouquins, je n’ai pas lu le roman éponyme de Jonas Jonasson. Je ne pourrais donc pas comparer cette adaptation à son oeuvre originale. Sur le principe, j’étais déjà contente à l’idée de découvrir un film suédois, ma connaissance culturelle de ce pays se limitant jusque-là à une lecture de Katarina Mazetti (source d’un profond ennui), à l’adaptation de Millénium par Niels Arden Oplev (pas mal du tout) et surtout au final Morse de Tomas Alfredson (l’un des films les plus poétiques et troublants qu’il m’ait-été donné de voir).
Et bien on peut dire que cela change des comédies américaines ! A savoir si c’est mieux ou moins bien, ça c’est une autre question. Décalé, déjanté et surtout loufoque sont les adjectifs qui me restent à l’esprit au sortir de cette séance. J’ai été divertie, j’ai parfois ri, et en aucun cas je n’aurais pu imaginer cela. Je ne dirais pas que j’ai adoré, mais il est agréable d’être surpris.

Conclusion :
Ça change.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les expéditions
- les éléphants
- les menaces
- les toasts


24 janvier 2011

Katarina Mazetti : Le mec de la tombe d'à côté

Ce que l’éditeur nous en dit :
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal : ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain..

Ce que j’en pense :
Forte de son succès et des nombreuses éloges entendues sur les auteurs suédois, c'est avec confiance que j'ai entamé la lecture du Mec de la Tombe d'à côté. Mes espérance n'ont pas vraiment été atteintes.
Sa popularité peut s'expliquer par son accessibilité. A la façon d'un Larc Levy, le style est pauvre, l'histoire peu recherchée, le contexte peu travaillé. Mais, toujours comme un Marc Levy, il est également plaisant de se laisser plonger dans ce texte finalement agréable, qui ne demande aucune réflexion particulière. Les pages s'enchaînent, distraient.
Et puis la fin s'approche. C'est là que le bât blesse. Cette fin est nulle, complètement immorale, laissant un mauvais goût sur la langue. Le livre passe alors du statut de roman facile à celui navet.
[Attention spoiler à suivre]
Comment peut on envisager d’avoir un enfant dans de si médiocres conditions ? Car si ses parents sont si différents dans leur mode de vie, comment imaginer un seul instant qu'ils s'entendront mieux sur une méthode d'éducation ? Tout cela pour satisfaire des ovaires trop pressant ! La Suède a t-elle a ce point besoin d'être repeuplée ? Ou l'auteur essaye t-elle de nous faire comprendre que l'égoïsme prime avant toute chose, même si cela doit être au détriment des autres ?

Conclusion :
Mieux vaut lire un Guillaume Musso.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les vaches
- les bibliothèques
- les clichés vie rurale/vie urbaine
- les napperons