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20 juillet 2012

Albert Cohen : Belle du seigneur

Ce que l’éditeur nous dit :
Ariane, jeune aristocrate protestante, a épousé Adrien, un petit bourgeois dont Solal, juif séducteur, est le responsable hiérarchique. Solal voudrait qu'elle l'aime vieux et laid. C'est sous l'apparence d'un vieillard édenté qu'il essaie de la séduire. Pour satisfaire son ambition, Adrien va tout faire inconsciemment pour favoriser leurs amours. Irrésistible, Solal l'est et Ariane succombe.

Ce que j’en pense :
Intemporel, Belle du Seigneur traite d’un thème abordé dans une précédente lecture, celui des conventions sociales. Dans un contexte de recherche d’emploi, alors que pour bien des recruteur “entretien d’embauche” rime avec “faire bonne figure”, c’est un sujet par lequel je me sens particulièrement concernée.
Loin de mes petites préoccupations quotidiennes, Albert Cohen pousse avec génie le sujet à son paroxysme. Au travail, avec ses supérieurs ou ses collèges, sa famille ou ses amis, son époux ou son amoureux, toute les situations sont évoquées, le paraître sous toutes ses formes, qui semble être la seule force faisant tourner la terre. Tout est exagéré (quoi que), chaque idée étant développée sur des pages et des pages (pour notre plus grand ravissement). Tandis que l'auteur nous entraîne dans un torrent de mots, négligeant parfois toute ponctuation pour mieux nous plonger dans le flot de pensées de ses personnages, le lecteur peine à reprendre sa respiration mais en redemande. Car oui cette écriture est sans fin, mais elle est fabuleuse. Elle sait se différencier selon les protagonistes, se renouveler sans cesse malgré les répétitions, décrire aussi bien le pire que le meilleur. Surtout le pire, la lecture devenant presque douloureuse tandis que l’inexorable se profile et la fin approchant.

Conclusion :
Une lecture dont on ne sort pas indemne.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les rapports
- les dossiers
- la hiérarchie
- la pudeur


20 février 2012

Tomas Alfredson : La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy)

Ce que le synopsis nous dit :
1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley.
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon, le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.
Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…

Ce que j’en pense :
Il faut bien avouer que, personnellement, je ne soit pas extrêmement fan des film dont on ne comprend quasiment rien de ce qui s’y passe, ni pourquoi (tant du point de vue de l’histoire, des personnages, et surtout concernant les choix faits par les réalisateurs), surtout quand cette incongruité se poursuit au delà du générique. Je veux bien croire qu’un scénario adapté d’un roman oblige à faire des concessions. Mais lorsque le film se compose d’autant de lenteurs pour finalement laisser autant de questions en suspens (qui paraissent donc n’être finalement que des incohérences), il y a de quoi rester perplexe. Et l’ambiance lancinante où tout le monde épie tout le monde, où chacun est soupçonnable (à raison), magouille et compagnie à qui mentira le mieux, franchement très peu pour moi. Finalement, une bonne fusillade aurait mit tout le monde d’accord en nous épargnant un temps précieux.
Bon j’exagère peut être un peu. Certains seront sans doute conquis par l’ambiance et les décors année 70 plutôt bien retranscris... Et ce casting anglais est assez amusant (la moitié a joué dans Harry Potter, bien évidemment). Mais surtout, quelle désillusion de réaliser que Tomas Alfredson est également le réalisateur de Morse, entre horreur et poésie, film absolument grandiose et fascinant (que j’avoue pourtant vue par erreur, évitant scrupuleusement le genre épouvante). Les petits budgets lui réussissent mieux.

Conclusion :
Pas mon genre.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les soirées
- les roulottes
- les monte-charge
- les dossiers