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7 avril 2011

Sylvie Germain : Magnus

Ce que l’éditeur nous en dit :
Après une grave maladie qui l'a amputé de toute mémoire, Franz-Georg (cinq ans) doit tout réapprendre : qu'il est allemand, que son pays est en guerre, que son père médecin dirige un grand établissement et que sa mère l'aime autant que sa patrie. Il a aussi Magnus, son ours en peluche à l'oreille légèrement brûlée. Né juste avant la guerre, Franz a grandi dans le culte du héros nazi. Exilé à la fin de la guerre, livré au sentiment d'abandon, il ne peut malgré lui se défaire du passé allemand. Il mettra une grande partie de sa vie à s'extraire de cette légende maternelle, car tout est mensonge et affabulation.

Ce que j’en pense :
Soyez tout de suite rassurés, aucune peluche n’a été maltraitée durant l’écriture de ce livre.
Car si Magnus l’ourson en fait la couverture, c’est avant tout l’histoire de son “propriétaire” que Sylvie Germain nous fait suivre, de ses 5 ans à sa vie d’homme mûr.
Cette vie, c’est celle de la quête d’identité, ce fameux “qui suis-je”, question que tout individu se pose un jour et à laquelle il est parfois bien difficile de répondre. Sommes nous ce que sont nos actes ou bien les traits de notre personnalité ? Peut être ce que veut notre statut social ou encore ce que nos ancêtres nous ont légués ? Quand les secrets de familles et les rebondissements de la vie s’en mêlent, cette interrogation peut obséder toute une existence.
Hantés par les fantômes de ses questionnements, c’est ce que vit le personnage principal de Magnus. L’auteur a choisi de retranscrire cette atmosphère par une écriture un petit floue, vaporeuse, à l’image d’un état d’esprit.  Les références à d’autres ouvrages du genre et les poèmes qui ponctuent le récit renforcent encore cette impression. La contrepartie est qu’en tant que lecteur, on se sent également flotter, ce qui rend difficile de rentrer complètement dans le récit.

Conclusion :
Une lecture intéressante, mais qui frôle seulement le lecteur, ne parvenant pas totalement à l’emporter.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la quête d’identité
- les fantômes
- les linguistes
- les apiculteurs

27 septembre 2010

Reif Larsen : L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet

Ce que l’éditeur nous dit :
T.S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, il reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird et qu'il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, il décide alors de traverser les Etats-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T.S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

Ce que j’en pense :

Il est difficile de croire que L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet soit le premier roman de Reif Larsen. Ce livre est incroyablement bien écrit, avec une originalité et une maturité tout aussi prodigieuses que son personnage principal.
Son format, pas l’idéal du trajet de métro, amène la curiosité : des dessins, cartes, schémas, illustrations et commentaires parsèment les pages. L’idée est très bien exploitée. D’une part ces adds-on offrent la possibilité de cerner le jeune T.S. Spivet, d’appréhender sa manière de penser ; et d’autre part, ils permettent d’entrer dans son univers fascinant, de « glisser l’air de rien » les tragédies de sa vie et ses tentatives pour les gérer au quotidien, bref d’entrer dans sa tête. Ils font partie intégrante du roman.
Concernant le contenu, si la découverte pousse à la lecture frénétique dans les premiers chapitres, il faut bien avouer que certaines longueurs apparaissent plus tard. En même temps, il est bien normal que le lecteur s’ennuie lorsque T.S. Spivet trouve le temps long ou et au contraire s’emballe avec lui pendant ses moments de liesse. L’histoire est à la fois enfantine et mature, parce que celle d’un enfant sérieux, naïf et effrayé, qui se comporte comme un adulte. De ce fait, ce livre pourra aussi bien combler toutes les générations, chacun y retrouvant une part de lui-même.

Conclusion :
Un must-read, à mettre entre toutes les mains.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les cartes
- Les ranchs
- Les mobile-homes
- Les musées