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21 novembre 2015

Eric-Emmanuel Schmitt : La femme au miroir

Ce que l’éditeur nous dit :
Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques, trois femmes: et si c'était la même?

Ce que j’en pense :
Dans le style simpliste et sans fioriture d’Eric-Emmanuel Schmitt, on reconnaît l’écrivain prolifique, celui que l’on soupçonne de rechercher le profit avant tout. Malin, il nous donne assez de contenu pour nous attacher à ses héroïnes, pour nous donner un sentiment de profondeur derrière les lignes. Il a fait ses devoirs, afin de rendre ses personnages crédibles, pour placer le contexte des époques, pour créer du liant entre les trois histoires. Et ça fonctionne : j’ai passé un très bon moment en compagnie des ces femmes. La touche féministe, l’interrogation sur la recherche du bonheur, l’évolution des normes et pressions sociales dans le temps, sont autant de leviers faciles que l’auteur manie avec adresse. Si sa plume ne vous transportera pas, le professionnalisme d’Eric-Emmanuel Schmitt est indéniable.

Conclusion :
Un bon roman, efficace.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les loups
les millefiori
les boules à facettes
le dépassement de soi


22 novembre 2011

Eric-Emmanuel Schmitt : La part de l’autre

Ce que l’éditeur nous dit :
8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis évanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde...

Ce que j’en pense :
Il s’agit du quatrième livre d’Eric-Emmanuel Schmitt que je découvre. Jusque là, je l’avais plutôt classé dans la catégorie des “écrivains aux kilomètres”, ceux qui publient beaucoup, dont la lecture est toujours plaisante et l’écriture juste assez correcte pour être lu par le plus grand nombre mais rapidement oubliée.
Avec La part de l’autre, j’ai l’impression d’avoir découvert un nouvel auteur. Ce bouquin, qui se dévore en quelques heures, est très riche en références historiques, culturelles et surtout philosophiques. Il s’agit d’une très belle analyse de la condition humaine et ses travers. C’est aussi une réflexion sur la vie, les nombreuses difficultés qu’elle met sur nos chemins et la façon de les appréhender.
Le choix d’Hitler, l’une des pires figures de cruauté du siècle dernier, mais finalement un humain “comme les autres” (donc comme nous) est particulièrement approprié : que signifie être humain. A bien y réfléchir, Adolf Hitler a t-il vraiment fait preuve de la pire inhumanité connue ? N’avons nous pas aussi dans notre quotidien, des agissements cruels, des traitements envers d’autres êtres vivants tout aussi impardonnables ? A notre propre échelle bien sûr, mais le fond est il si différent ?
Une question soulevée est celle du bonheur. Dans quelle mesure le contexte et la providence sont ils les maîtres de notre destins ? Ou bien s’agit il de remercier la vie pour les épreuves qu’elle nous envoi, tenter de saisir les opportunités et apprendre un peu plus chaque jour, inlassablement, même si cette “guerre” ne prend fin qu’avec nous ? Le but de la vie n’est il pas précisément de la vivre ?

Conclusion :
Bouleversant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cartes postales
- la location
- les divans
- l’auto suggestion

17 octobre 2011

Eric-Emmanuel Schmitt : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent

Ce que l’éditeur nous dit :
Lors d'une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d'Eric-Emmanuel Schmitt : surpris, il se rappelle l'avoir aimé passionnément pendant son adolescence. Pourquoi ne l'écoute-t-il plus ? Pourquoi n'a-t-il plus eu besoin de sa passion, sa véhémence, sa noblesse ? Réfléchissant à partir de sa propre vie, Schmitt médite sur notre époque qui ne croit ni en Dieu ni en l'homme, où l'individu se sent broyé et inutile. Il ausculte notre temps désespéré que l'idéal de grandeur a quitté
Un essai brillant et intime, fait d'émotions, de surprises et d'émerveillements où Schmitt élucide ce génie, créateur d'une ''messe pour l'humanité'', un homme infirme, seul, malheureux, accablé par le sort, qui écrit pourtant une oeuvre énergique couronnée par un hymne à la joie. Comment peut-on avoir le sens du tragique et se montrer optimiste ? Tel sera le défi pour notre siècle ; tel est le message de Beethoven : il nous propose une philosophie et une morale humaniste dont nous avons un urgent besoin.

Ce que j’en pense :
Tout le monde connait Beethoven. Tout le monde a déjà entendu du Beethoven. Mais au final, peu d'entre nous ont déjà véritablement écouté du Beethoven et savent le reconnaître (c'est également vrai pour nombre de ses acolytes).
Dans l'optique de parfaire ma "culture musicale", cette série de Schmitt consacrée aux musiciens classique tombait à pic. L'auteur nous donne l'occasion d'aborder un large répértoire, en partagant avec nous son point de vue et son histoire sur le sujet. Certes, il s'agit d'une conception très personnelle, qui ne convaincra pas à l'unanimité, mais donne justement l'occasion à tout un chacun de se faire sa propre opinion. La présence d'une selection de morceaux illustrant les propos va d'ailleurs dans ce sens.
La petite histoire qui suit "l'analyse" se lit vite et bien. Si non indispensable, elle apporte tout de même son petit plus à l'ensemble en démontrant comment "appliquer la théorie en pratique" (même si la pratique en question est tout à fait fictive).

Conclusion :
Une bonne occasion d’écouter Beethoven

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les musées
- la mise en scène
- les baladeurs
- les marches

31 janvier 2011

Eric-Emmanuel Schmitt : Odette Toulemonde et autres histoires

Ce que l’éditeur nous en dit :
La vie a tout offert à l'écrivain Balthazar Balsan et rien à Odette Toulemonde. Pourtant, c'est elle qui est heureuse. Lui pas. Leur rencontre fortuite va bouleverser leur existence. Huit récits, huit femmes, huit histoires d'amour. De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c'est une galerie de personnages inoubliables qu'Eric- Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur.

Ce que j’en pense :
Ce livre ce lit vite et bien, sans conter son petit format léger, qui en fait le partenaire idéal des trajets en métro par exemple. L’écriture est simple et sans fioritures. Pourtant, en l’espace des quelques pages que durent chacune de ces nouvelles,  Eric-Emmanuel Schmitt parvient à insuffler une petite profondeur à ses personnages. Certes, cela ne suffit pas à en faire une grande oeuvre, mais c’est largement suffisant pour nous faire passer un bon moment.
Le thème récurrent est celui de l’amour, sous toutes ses formes. Il est peu dire que ce thème a déjà été traité, mais on ne s’en lasse pas... Le plus déroutant est qu’à y regarder de plus près, il ne s’agit pas d’une suite d’histoires qui se “terminent bien”. C’est plutôt le contraire en fait, et nombreux sont les protagonistes qui passent l’arme à gauche avant la fin de la nouvelle qui leur est dédiée. Pourtant l’auteur réussi le tour de magie de garder un ton toujours léger et positif, qui ne nous fera poser Odette Toulemonde et autres histoires qu’avec le sourire aux lèves. Que demander de plus ?

Conclusion :

Je n'irai probablement pas voir le film, mais une lecture sympathique tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les artistes
- les productions artistiques
- l’amour