Ce que l’éditeur nous dit :
Je vis des arbres croître et changer comme des bouffées de vapeur ; tantôt roux, tantôt verts ; ils croissaient, s'étendaient, se brisaient et disparaissaient. Je vis d'immenses édifices s'élever, vagues et splendides, et passer comme des rêves. Toute la surface de la terre semblait changée - ondoyant et s'évanouissant sous mes yeux. Les petites aiguilles, sur les cadrans qui enregistraient ma vitesse, couraient de plus en plus vite. Bientôt je remarquai que le cercle lumineux du soleil montait et descendait, d'un solstice à l'autre, en moins d'une minute, et que par conséquent j'allais à une vitesse de plus d'une année par minute ; et de minute en minute la neige blanche apparaissait sur le monde et s'évanouissait pour être suivie par la verdure brillante et courte du printemps.
Ce que j’en pense :
Aujourd'hui le public est bien trop rodé pour se laisser surprendre facilement. Lorsqu'il s'agit de film d'actions plus particulièrement, on en veut toujours plus : chaque minute doit connaître son lot de rebondissements, obligeant les scénaristes à redoubler d'efforts pour trouver des idées originales. De même, il s'agit quasiment de culture générale, tout le monde sait que si un dangereux tueur se ballade dans les environs, non on ne se sépare pas.
Face à toutes ces "connaissances", le personnage principal de la Machine à voyager dans le temps parait bien niais, se laissant aller à des fautes de débutants. D'ailleurs, cette grandiose aventure est finalement assez pauvre en péripéties. On note également l'évolution des "normes" de l'écriture. Ici, un seul personnage bénéficie d’une identité bien définie, les autres étant nommés par leur fonction. De toutes façon, ce ne sont pas les hommes (très peu de sentiments sont décrits, sauf nécessité, pour favoriser le côté rationnel et scientifique), mais bien les événements qui comptent.
Mais à bien y réfléchir, quiconque regarderait aujourd'hui un épisode du "grand" Indiana Jones, le trouverai peu crédible et dépassé (même pourra tout de même passer un bon moment). Finalement si les aventures évoluent avec le temps, c'est bien parce que certaines personnes ont bien voulu s'y lancer. Et rien que par sa qualité de pionner du genre, H. G. Wells mérite bien d'être lu.
Conclusion :
Dépassé et incontournable
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les allumettes
- les musées
- les cigares
- la lutte des classes
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28 septembre 2011
24 septembre 2010
John Irving : Je te retrouverai
Dans ce nouveau roman, John lrving nous raconte l'histoire de l'acteur Jack Burns, fils d'Alice, tatoueuse professionnelle, et de William Burns, organiste et grand amateur de tatouages envolé à la naissance de son enfant. Agé de quatre ans, Jack sillonne avec sa mère tous les ports de la mer du Nord, à la poursuite du père fugitif. Un périple qui le marquera à jamais. Tandis que William le séducteur fait tonner les orgues de Scandinavie et des Pays-Bas, Alice le talonne et gagne sa vie en tatouant sur des épidermes consentants des coeurs brisés, des fleurs voluptueuses et des serments de fidélité. Déçus dans leur quête, mère et fils s'embarquent bientôt pour le Nouveau Monde où l'enfant va grandir hanté par le fantôme de ce père auquel il redoute, et s'efforce pourtant, de ressembler. Des femmes plus âgées abuseront de lui, il en séduira bien d'autres. Car à vingt ans Jack est bien décidé à tirer parti de son visage d'ange et de sa mémoire prodigieuse pour faire carrière à Hollywood. Sauf que, privé des modèles de mère et de père, il excelle dans des rôles de travesti. Quant à sa mémoire, n'est-elle pas sous influence ?
Ce que j’en pense :
Je te retrouverai est le premier livre de John Irving que j’ai l’occasion de découvrir. Il est probable que ce sera également le dernier. Non pas que le style ne m’ai pas plus, mais j’ai le sentiment qu’un second opus pourrait être de trop.
Les critiques s’accordent à dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus personnelle, la plus représentative de l’auteur, notamment parce que tous ses sujets fétiches y sont abordés. En effet, l’ambiance du bouquin est si particulière, parfois à la limite du glauque et du malsain, qu’il est facile de croire que John Irving y a mis beaucoup de lui-même et de ses angoisses. L’histoire est tour à tour drôle, ironique ou instructive, parfois trop longue et lancinante, mais jamais légère et souvent inattendue. John Irving sait nous faire partager son monde, ou plutôt ses mondes, dans un livre à la fois très ouvert (par des voyages aux quatre coins du globe, par la description de milieux très différents, etc.) et terriblement centré sur son personnage principal. Tout se passe dans sa tête. Et il me semble que la fascination imprévue qui m’a porté jusqu’à la dernière page malgré, ne pourra pas se créer une seconde fois.
Conclusion :
Un livre un poil trop long, mais une lecture qui ne se regrette pas.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les tatouages
- Les voyages
- La lutte
- Les prostituées
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