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8 août 2015

Benjamin Alire Saenz : Dante et Aristote découvrent les secrets de l’univers (Aristotle and Dante discover the secrets of the universe)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

Ce que j’en pense :
Je ne m’attendais pas du tout à ça en entamant ce roman. Je n’avais pas du vraiment lire la quatrième de couverture, car le titre m’inspirait plutôt un mélange de science et de philosophie. Mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici. Quoi que. Peut-être que cette nomination symbolise le fait que tout ne s’explique pas par des mots ou des concepts. On parle ici de ressentis, de sentiments, et de la grande difficulté à suivre son instinct et à exprimer toutes ces émotions qui nous assaillent. Le sujet est d’autant plus à propos qu’il s’agit ici de l'adolescence, âge de l’apogée des questions existentielles. Mais cela concerne finalement toutes les générations, ce que Benjamin Alire Saenz prend d’ailleurs bien soin de mettre en scène.
J’ai été particulièrement touchée par ce personnage principal qui a tant de mal à accepter d’être aimé par les autres. Il ressent presque cela comme un poids, alors qu’il ne se sent pas à la hauteur des qualités qu’on lui attribue, alors du mal à s’accepter et à s’aimer lui-même. Tout ce processus de dualité, entre son affection et son rejet envers son entourage, est très bien décrit, nous permettant de toucher du doigt toute la réalité de ce paradoxe. Un travail de maître que d’avoir su si bien mettre en scène ce que les paroles souvent tant de mal à décrire. Bravo.

Conclusion :
Un roman magnifique, une écriture toute en subtilités.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les camionettes
la poésie
la contenance
les non-dits

19 mai 2014

Benjamin Guedj : Libre et assoupi

Ce que le synopsis nous dit :
Sébastien n'a qu'une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c'est son canapé. Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler. Mais aujourd’hui, si tu ne fais rien... Tu n’es rien. Alors poussé par ses deux colocs, qui enchaînent stages et petits boulots, la décidée Anna et le pas tout à fait décidé Bruno, Sébastien va devoir faire ... Un peu.

Ce que j’en pense :
Alors oui, Libre et assoupi aborde cette notion de travail et l’importance (peut-être à remettre en question) qu’elle représente dans notre société. Avant d’être ce qu’ils sont, les individus sont ce qu’ils font. Mais au fond on s’en fiche. Parce que Sébastien, le personnage principal lui s’en moque éperdument, souhaite juste vivre sa vie tranquillement sans que personne ne vienne l’en empêcher. Et finalement, loin d’être vindicatif, Libre et assoupi incarne à merveille cet état d’esprit, ignorant bel et bien les conventions, sans même avoir l’air de le faire exprès. Cela donne un film tout sympatique, avec en tête d’affiche un Baptiste Lecaplain tout choupinou, qui fait à merveille la moue et les grands yeux innocents de celui qui, sans être naïf, sait être simplement heureux. Suivant son exemple, le spectateur ne se pose aucune question et se contente d’apprécier le moment, toutes ces scènes drôles et touchantes, bref de prendre le temps d’être au lieu de faire, pour une fois.

Conclusion :
Une très jolie parenthèse.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les journaux intimes
- la poésie allemande
- la télévision
- les musées


26 février 2014

Anna Gavalda : Billie

Ce que l’éditeur nous dit :
Billie, ma Billie, cette petite princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris. » Franck, il s’appelle Franck parce que sa mère et sa grand-mère adoraient Frank Alamo ( Biche, oh ma biche, Da doo ron ron, Maillot 38-37 et tout ça ) (si, si, ça existe…) et moi, je m’appelle Billie parce que ma mère était folle de Michael Jackson (Billie Jean is not my lover / She’s just a girl etc. ) . Autant dire qu’on ne partait pas avec les mêmes marraines dans la vie et qu’on n’était pas programmés pour se fréquenter un jour…

Ce que j’en pense :
Vraiment, était-ce nécessaire ? Est-ce que parce que l’on porte un nom suffisamment connu pour faire vendre n’importe quel agglomérat de pages imprimées, une fois reliées et déposées dans une presse relay, qu’il faut en profiter pour imposer une honte sans nom à tous ses lecteurs ? Ce n’est quand même pas très gentil. Ce serait comme un prof de fitness qui ajouterait intentionnellement des pauses ridicules à sa chorégraphie juste pour voir si les gens vont vraiment les faire. Car bien sûr qu’ils vont les faire ! Parce que, psychologiquement, se balader dans le métro avec un livre représentant un bébé âne trop (vraiment, trop) choupinou sur fond de prairie, ça demande une forte abnégation de son amour-propre.
Ajoutons à cela l’expérience déplorable (et bien vite avortée) que fut le précédent bouquin d’Anna Gavalda, j’ai nommé La Consolante, il a vraiment fallu me convaincre pour que je donne une chance à Billie.
Fort heureusement mon sacrifice ne fut pas vain. Ce n’est pas de la grande littérature, c’est bourré de gros mots qui sonnent faux et ça se veut “un roman difficile sur la vraie vie” en nous contant l’histoire cousue de fil blanc de deux écorchés des bas-quartiers ensemble contre le monde. On n'y croit pas un seul instant, mais on se laisse tout de même prendre au jeu, ignorant sans scrupule les regards méprisants du parisien adepte de France-Inter qui se dit que le roman de gare c’est seulement bon pour les gens qui ne lisent pas. Et bien pas que. Car c’est aussi très bien pour se changer les idées entre deux œuvres plus prenantes, ou juste pour les matins où l’on n'aurait pas eu le temps d’avaler son café avant de partir.

Conclusion :
Pas indispensable, loin de là, mais pas foncièrement mauvais non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la poésie
- les fusils
- l’orientation professionnelle
- les arrangements floraux


10 janvier 2010

Bright Star : Jane Campion

Ce que le synopsis nous dit :
Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature. C'est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie. Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l'attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l'intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. " J'ai l'impression de me dissoudre ", écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...

Ce que j’en pense :
Je ne comprends pas l’engouement des critiques pour ce film. Certes les décors et les paysages sont magnifiques. Oui les acteurs jouent assez bien (une note spéciale pour Abbie Cornish). C’est d’ailleurs ce qui sauve le film. Mais j’ai presque été plus prise par l’histoire d’Avatar (qui manque pourtant totalement d’originalité) que par celle de Bright Star.
Les réactions des personnages, souvent incompressibles dans un premier temps, demandent quelques minutes pour réaliser que oui, c’est bien l’événement insignifiant de la scène précédente qui a provoqué autant d’émois. Mais un peu d’indulgence pour ces gens qui semblent avoir bien du mal à occuper leurs journées. Car Fanny coud et dessine, et bien sûr l’écriture est en principe une activité à plein temps, mais il semble tout de même qu’une bonne partie de l’emploi du temps de chacun soit employé à flâner. C’est pourquoi il ne faut laisser passer aucune occasion de braver l’ennui et se noyer dans les sentiments exacerbés est une bonne occupation.
Je ne suis pas sensible au romantisme, expliquant peut être que je n’ai pas apprécié ce film à sa juste valeur. Mais à choisir, je préférai largement revoir Keira Knightley  dans Reviens-moi ou Orgueil et préjugés, que Bright Star.

En conclusion :
A voir pour les amateurs de poésie romantique ou ceux qui ont une carte cinéma illimité. Un bon passe-temps, sans plus. 

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la poésie
- le romantisme
- la tuberculose
- la couture