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19 septembre 2015

Claire-Lise Marguier : Le faire ou mourir

Ce que l’éditeur nous dit :
Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C’était la première fois que quelqu’un le touchait avec autant de douceur…

Ce que j’en pense :
Un roman court (104 pages seulement), mais d’une densité incroyable. N’entendez pas par là peu digeste, au contraire, car l’écriture est fluide et prenante. J’ai encore la chair de poule en repensant à ces dernières pages, que j’ai tournées avec le sentiment d’avoir vécu une aventure incroyable, et inoubliable.
Le sujet est celui de l’adolescence, de la quête de soi même, avec ici la difficulté supplémentaire de l’homosexualité, de se sentir différent. La manière dont se matérialise ici cette souffrance est là fois extrême et, dans une certaine mesure, sûrement plus courante que ce que l’on pourrait imaginer. Claire-Lise Marguier va au-delà de cette thématique finalement assez banale, et nous livre une vraie analyse de la société. Soulignons encore une fois le travail de l’auteur qui parvient à nous parler d'un sujet aussi difficile dans un cadre de lecture aussi facile à aborder. Je recommande vivement cet au ouvrage à la capacité de toucher tous les profils : il serait dommage de passer à côté d’un tel bijou.

Conclusion :
Un concentré d’écriture dosé à la perfection pour une lecture bouleversante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les looks
le déni
l'incompréhension
l’expression des sentiments

9 novembre 2013

Albert Camus : La Peste

Ce que l’éditeur nous dit :
Dans les années 1940, une épidémie de peste s'abat sur la ville d'Oran. Jour après jour, le lecteur suit l'apparition et l'extension de la maladie. Il découvre les réactions de chacun des personnages face aux souffrances et à la mort : certains fuient, d'autres restent pour lutter. À travers ce grand roman, Albert Camus rend hommage à ceux qui affrontent la vie avec modestie et honnêteté, et nous invite à réfléchir sur les valeurs de solidarité et d'engagement.

Ce que j’en pense :
C’est en voyant le film consacré à cet auteur que j’ai eu envie de donner une nouvelle chance à Albert Camus. Plus jeune, j’avais en effet achevé L’étranger sans avoir été convaincue. Peut être que je n’avais pas alors la maturité nécessaire, c’est pourquoi j’envisage maintenant une relecture.
Je partais un peu à reculons avec La Peste, dont le titre ne laissait rien présager de bon. Mais dès les premières pages, j’ai été totalement happée. La maladie en elle même est placée au second plan, pour se focaliser surtout sur la manière dont elle affecte les hommes et leur quotidien, les conséquences de la crise sur la population. Par exemple au départ Camus nous décrit les réactions très détachées de la plupart des gens, pour qui les morts ne sont que des chiffres, sans significations concrètes, énoncés dans les journaux. Le fléau a beau exister, il ne devient pas réalité tant qu’il n’entre pas dans les foyers. Jusqu’au jour où tout cela devienne plus concret... Comment l’humain réagit-il, telle est la question obsédante qui conduit le fil du roman. Albert Camus décortique l’humanité avec une justesse incroyable.
A noter également un procédé de narration très original, le narrateur étant à la fois spectateur et partie prenante du récit. Il semble tout à tour omniscient, ou totalement concerné par les événements. Il lui arrive même de parler de lui à la troisième personne (“ici le narrateur s’excuse de...”). De cette manière, le lecteur est lui aussi à la fois observateur mais immergé dans le roman. Sans nul doute, Albert Camus savait manier la plume.

Conclusion :
Une très belle oeuvre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la force des sentiments
- la volonté divine
- les victoires
- les défaites


21 novembre 2012

Evelyne Lagardet : Contes philosophiques de la diversité

Ce que l’éditeur nous dit :
Une série de trois contes philosophiques invitant à une réflexion sur les discriminations, le racisme et l'altérité. Portant sur l'apparence physique, l'orientation sexuelle et sur l'origine ethnique, ils abordent un certain nombre de concepts qui sont par la suite analysés, commentés et replacés dans un contexte contemporain.

Ce que j’en pense :
Comme l’indique son titre, ce livre invite à la réflexion. Le choix a été fait sur du mot “conte”, qui plutôt qu’au caractère enfantin, fait surtout référence à la présence d’une morale. Non pas qu’une manière de penser soit imposée, au contraire ces contes ont pour but de nous ouvrir l’esprit, d’élargir notre champs de vision. A titre personnel c’est le dernier des trois récits proposés que j’ai préféré, peut être parce que plus réaliste et m’ayant provoqué une empathie plus forte. La beauté de l’écriture d’Evelyne Lagardet n’est plus à prouver, avec toujours des mots choisis avec le plus grand soin et caractéristiques de ce style si fluide.
Si je devais trouver un défaut, ce serait le regret de ne pas retrouver tout à fait la magie et l'envoûtement de son précédent roman Un rêve français. Encore que cela tienne surtout au fait que l’intention de chaque bouquin soit très différente.

Conclusion :
A quand le prochain livre d’Evelyne Lagardet ?

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les différences
- les intentions
- les sentiments humains

15 février 2010

Stefan Zweig : Le Voyage dans le passé

Ce que l’éditeur nous en dit :
Le voyage dans le passé est l'histoire des retrouvailles au goût amer entre un homme et une femme qui se sont aimés et qui croient s'aimer encore. Louis, jeune homme pauvre mû par une " volonté fanatique " tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L'amour résiste t-il à tout ? A l'usure du temps, à la trahison, à une tragédie ? Dans ce texte bouleversant, jamais traduit en français jusqu'à ce jour, on retrouve le savoir-faire unique de Zweig, son génie de la psychologie, son art de suggérer par un geste, un regard, les tourments intérieurs, les arrière-pensées, les abîmes de l'inconscient.

Ce que j’en pense :
Ce livre est divinement bien écrit, aucun doute de ce côté-là. Autre point plus que positif, la présence du texte original en allemand, faisant suite au roman traduit. Il permet d’apprécier l’auteur selon ses propres mots (à hauteur du niveau d’allemand de chacun bien sûr).
Mais je ferai le même commentaire que pour Bright Star : je ne dois pas être sensible au romantisme. Il est vrai qu'à ce jour, j'ai toujours préféré les romans longs, qui sont souvent synonymes d’une histoire plus construite, mieux finie. j’aime voir les personnages évoluer. En dessous de 300 pages et à quelques exceptions près, je n’ai tout simplement pas l'occasion de rentrer dans le texte. Or Le Voyage dans le passé frôle tout juste la centaine de pages.
Les sentiments y sont extrêmement décrits, mais le récit est survolé, comme une trame de fond à peine visible. La fin laisse un sentiment d’inachevée. L’idée y est, originale, mais un ingrédient manque dans les dernières pages, comme si Stefan Sweig avait posé les mots mais ne s’était pas relu.

En conclusion :
Peut plaire à ceux que l’émoi émeut ou aux inconditionnels de l’auteur. Pour les autres, de quoi occuper deux heures, très pratique lors d’un trajet par exemple.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l’absence
- l’amour impossible
- le temps qui passe
- le train