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13 décembre 2014

Christopher Priest : Le monde inverti (The inverted world)

Ce que l’éditeur nous dit :
J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la parte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s'assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l'impatience et de l'appréhension de l'instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie.
Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit maintenant jurer qu'il ne révélera jamais ce qu'il y découvrira. Mais le long des rails qui mènent à l'optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés, éclairés par l'hyperbole du soleil. C'est avec ce roman, où se mêlent senne of wonder et spéculations scientifiques, que Christopher Priest s'imposa en 1974 comme l'un des plus talentueux auteurs de la science-fiction britannique.

Ce que j’en pense :
Exercice complexe que de donner un avis sur cette œuvre. J’ai pourtant laissé passer un peu de temps avant de m’y mettre, mais quand même. Une chose est certaine, c’est que je ne m’attendais pas à ça. D’une certaine manière j’ai été déçue par le chemin que le cours des événements ne prend pas, alors que l’on commence à s’intéresser à certains aspects de l’histoire, pour que ceux-ci deviennent brutalement obsolètes. Mais cette nouvelle direction n’en est pas moins fort exaltante, donnant une toute nouvelle dimension à l’ensemble et chamboulant complément la donne. S’il n’est pas rare que les romans soient divisés en plusieurs parties, Christopher Priest en a fait un véritable atout, en s’offrant le luxe de changer complètement de narration de l’une à l’autre. Celles-ci ne sont donc pas uniquement là pour marquer la fin d’un “moment” dans l’histoire, mais pour aussi pour servir à ce dessein de “rupture”.
Au final le véritable défaut du Monde Inverti est qu’il laisse un sentiment d’inachevé. Je ne parle pas ici de la fin, mais bel et bien du contenu, comme si l’auteur n’était pas allé assez loin dans sa réflexion (en tout cas il ne nous en livre pas assez). Je crois que la seule solution reste à fouiller plus amplement la bibliographie de Christopher Priest.

Conclusion :
Parce que l’on voit forcément le monde à travers nos propres yeux.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la relativité
les ponts
la perspective
les rails

24 mai 2013

Mélanie Fazi : Serpentine

Ce que l’éditeur nous dit :
Une boutique de tatouage où l'on emploie des encres un peu spéciales. Des façades rassurantes au premier abord... mais qui s'ouvrent bientôt sur des zones plus troubles. Car les lieux les plus familiers dissimulent souvent des failles, écho de ces fêlures que l'on porte en soi. Il suffit de si peu, parfois, pour que tout bascule... Mélanie Fazi est la princesse du fantastique français, acclamée par les critiques et le public. Plusieurs de ses nouvelles ont même été traduites et publiées dans des revues anglo-saxonnes. Elle a reçu le  prix Merlin  en 2002 (meilleure nouvelle) et 2004 (meilleur roman), le  prix Masterton  en 2005 (meilleur roman) et le  Grand Prix de l'imaginaire  en 2005 (meilleure nouvelle) et en 2007 (meilleure traduction). Excusez du peu… 

Ce que j’en pense :
Comment trouver les termes appropriés pour décrire ce petit bijou ? Mélanie Fazi ce sont des mots, une ambiance, une atmosphère qui vous transportent instantanément dans son univers, un univers de gens cassés, prêts à tout pour arracher à la vie quelques moments interdits. Un certain mal-être est là, bien au centre, mais sous la forme d’une simple esquisse, avec le pouvoir invraisemblable de créer un cocon rassurant. On se sent bien dans les pages de Mélanie Fazi.
Conquise par chacune des nouvelles de ce recueil (il n’y en a qu’une seule qui m’a moins convaincue), j’ai apprécié avec une joie infinie la variété des personnages, des époques et des contextes, avec cette magie des mots pour fil conducteur. L’ensemble est à la fois riche de diversités et terriblement cohérent, presque comme une seule et même histoire que l’on aborderait de différents points de vue. Sous cette plume, même le fantastique s'intègre à la réalité comme en faisait partie intégrante.
Et pour ne rien gâcher du plaisir, la préface de Michel Pagel, qui rend hommage à l’auteur bien mieux que moi, est également géniale.

Conclusion :
Je soupçonne Mélanie Fazi d’être une sorcière.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les bougies
- les autoroutes
- les ponts
- le poker




11 mars 2013

Jean-Jacques Breton : Paris à vos pieds

Ce que l’éditeur nous dit :
C’est bien souvent nez en l’air que l’on se prête à l’exploration urbaine. Pourtant, pour peu que l’on y pose le regard, le sol parisien recèle des curiosités insoupçonnées. Ce livre s’intéresse à tous ces éléments souvent familiers (plaques d’égout, dates inscrites dans le bitume, grilles d’aération, tracés de signalisation), parfois inattendus (rails, clous, décrottoirs, stèles funéraires) qui ponctuent trottoirs et chaussée. Purement utilitaires pour certains, expression d un projet artistique pour d autres, vestiges encore faisant surgir çà et là le souvenir d’un Paris disparu : ces mille détails incarnent à leur manière la richesse du paysage urbain, et nous invitent à un regard poétique et décalé sur la ville.

Ce que j’en pense :
Depuis maintenant quelques années, je collectionne les bouches d'égouts (et autres plaques). Quand les plupart des gens ont tendances à s’extasier devant l’architecture des buildings, il semblerais que j’ai plutôt tendance à regarder le sol (qui ne recèle pas moins de trésors).Tout cela à commencé au Japon, où je suis tombée en admiration depuis leurs plaques rondes aux motifs fleuries. Depuis, je capture l’image de ces spécimens à travers le monde.
C’est avec une grande joie que j’ai découvert ce point de vue parisien par Jean-Jacques Breton. Je ne suis pas la seule ! Au delà de mon intérêt personnel pour le sujet, ce petit recueil se révèle très instructif sur le fonctionnement de la ville et permet de découvrir des anecdotes insoupçonnées. Que de fois ne me suis pas exclamée durant cette lecture “ahhh, mais c’est pour ça”. Par exemple, moi qui m’étais toujours offusquée de voir tous ces litres d’eau déversés sans vergogne le long des trottoirs, j’ai appris qu’il s'agissait en réalité d’un second réseau d’eau non potable, prévu spécifiquement à cet usage. Me voilà réconciliée avec la mairie !

Conclusion :
Parce que même une plaque d'égout peut être jolie, oui.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les flammes
- les ponts à mousson
- la nationalisation
- les vestiges


31 juillet 2012

Christopher Nolan : The dark knight rises

Ce que le synopsis nous dit :
Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…


Ce que j’en pense :
Christopher Nolan s’est planté en beauté, la comparaison avec ses précédents films étant d’autant plus cruelle. Il est curieux de constater que dans l’ultime épisode d’une trilogie consacré à Batman, on voit si peu le dit super-héros. C’était un peu le cas de Dark Knight également, mais cela y constituait un véritable atout. En effet, si c’est l’un des rares film d’action que j’ai voulu revoir, c’est en grand partie grâce au fabuleux personnage du Joker. Ce film là était vraiment génial et plaçait la barre très haute.
Quatre ans plus tard, la magie est partie. Pourtant le casting n’était pas mal non plus : Bane, un gros vilain plutôt pas mal ; John Blake, un petit gentil attachant ; Catwoman, interprétée par une Anne Hathaway tout à fait épatante, qui n’a aucune peine à sortir de ses habituels personnages de films romantiques (je passerai ici sur une Marion Cottillard qui me parait tout aussi fade que de routine, nous épargnant pour une fois son nez coulant). C’est dans le scénario que tout pêche. A part quelques retournements de situations, il ne se passe dans l’ensemble pas grand chose et les incohérences sont nombreuses. Le pire est tout de même de nous infliger ce mauvais compte à rebours. Christopher Nolan devrait avoir honte d’avoir validé une telle absurdité.
Pour ma part je ne suis pas allé jusqu’à l’ennui et ne regrette pas de l’avoir vu, mais je comprend tout de même les notes générales qu’à reçu ce film.

Conclusion :
A voir pour compléter la trilogie, mais ne pas se faire trop d’illusions.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les deux roues
- les otages
- les ponts