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5 août 2013

Gabriel Ba et Fabio Moon : Daytripper

Ce que l’éditeur nous dit :
Peut-on dire quand commence notre vie ? Le héros de cette histoire passe ses journées à raconter la mort de ses contemporains pour un journal. La nuit, il se demande quand sa vie à lui commencera vraiment…

Ce que j’en pense :
Sans tomber dans le spoiler, autant révéler tout de suite le principe de cette bande-dessinée : à chaque chapitre, nous retrouvons le héros, Bras, à un âge différent, face à un événement marquant de sa vie et se termine inévitablement par sa mort. Le but de la manoeuvre est assez évident, celui de nous faire prendre conscience de l’importance et surtout de la fragilité de la vie. Cette thématique est brillamment symbolisée par le choix de l’aquarelle, dont les multiples couleurs fondues donnent une sensation de rêve éveillé. Cette introduction au Brésil est également des plus intéressantes.
Par contre j’ai été assez déçue par une partie du scénario. Découvrir la vie de ce personnage est passionnant et il faut saluer la mutliplicité des approches utilisées pour les différents chapitres. Mais le rapport à la mort dans tout ça ? Car l’issue fatale qui s’acharne inlassablement sur le héros en devient presque ridicule. Il s’agit presque toujours d’événements fortuits, la faute à pas de chance, et qui n’auraient pu être évités. Mais surtout, cette issue n’influence en rien la manière dont les événements sont veçus. A la fin des chapitre, Bras aurait pu tout aussi bien rentrer chez lui sans que cela change quoi que ce soit. Au final j’ai trouvé que le fait d’introduire la mort de cette manière n’apportait pas grand chose, un comble. Mais c’est peut être exactement ce que les auteurs ont tentés de nous dire, car ce n’est pas l’issue mais bien le chemin qui compte.

Conclusion :
Une oeuvre intéressante mais qui n’aura pas répondu à toutes mes expectatives.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cerfs-volants
- les chroniques
- les cartes postales
- les coupures de courant

22 novembre 2011

Eric-Emmanuel Schmitt : La part de l’autre

Ce que l’éditeur nous dit :
8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis évanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde...

Ce que j’en pense :
Il s’agit du quatrième livre d’Eric-Emmanuel Schmitt que je découvre. Jusque là, je l’avais plutôt classé dans la catégorie des “écrivains aux kilomètres”, ceux qui publient beaucoup, dont la lecture est toujours plaisante et l’écriture juste assez correcte pour être lu par le plus grand nombre mais rapidement oubliée.
Avec La part de l’autre, j’ai l’impression d’avoir découvert un nouvel auteur. Ce bouquin, qui se dévore en quelques heures, est très riche en références historiques, culturelles et surtout philosophiques. Il s’agit d’une très belle analyse de la condition humaine et ses travers. C’est aussi une réflexion sur la vie, les nombreuses difficultés qu’elle met sur nos chemins et la façon de les appréhender.
Le choix d’Hitler, l’une des pires figures de cruauté du siècle dernier, mais finalement un humain “comme les autres” (donc comme nous) est particulièrement approprié : que signifie être humain. A bien y réfléchir, Adolf Hitler a t-il vraiment fait preuve de la pire inhumanité connue ? N’avons nous pas aussi dans notre quotidien, des agissements cruels, des traitements envers d’autres êtres vivants tout aussi impardonnables ? A notre propre échelle bien sûr, mais le fond est il si différent ?
Une question soulevée est celle du bonheur. Dans quelle mesure le contexte et la providence sont ils les maîtres de notre destins ? Ou bien s’agit il de remercier la vie pour les épreuves qu’elle nous envoi, tenter de saisir les opportunités et apprendre un peu plus chaque jour, inlassablement, même si cette “guerre” ne prend fin qu’avec nous ? Le but de la vie n’est il pas précisément de la vivre ?

Conclusion :
Bouleversant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cartes postales
- la location
- les divans
- l’auto suggestion