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16 septembre 2013

Gail Carriger : Le protectorat de l’ombrelle - tomes 1 à 3 (The Parasol Protectorate)

Ce que l’éditeur nous dit :
Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Ce que j’en pense :
Je ne me serai probablement pas orientée vers ce type de lecture si ce n’était pas pour ma participation à un certain challenge romantique et fut ravie de découvrir la délicieuse plume de Gail Carriger. Si tant est que l’on puisse oser faire la comparaison, cette écriture n’est pas sans rappeler celle de Jane Austen. On y retrouve cette floraison d’adjectifs et tournures de phrase très “bonne société anglaise”, à la fois très plaisante à la lecture et ayant l’art de donner une nouvelle dimension à n’importe quelle situation. Un exemple : “Qui souffre le plus, le gentleman dont la cravate est mal nouée, ou ceux qui sont forcés de le regarder ?”. Voici le type de question existentielles qui poursuivent les protagonistes. Personnellement, j’adore.
La qualité des trois tomes manque régulatité. Le premier est pour l’instant mon favori, d’abord par l’effet de découverte, mais aussi grace à ses scènes “romantiques”. Car contrairement à notre chère Jane, Gail Carriger ne se prive pas pour décrire la passion langoureuse qui anime les deux personnages principaux. Enfin de l’action ! J’ai tout de même été déçue par la situation de “Damsel in Distress” qui tombe comme un cheveu sur la soupe vers la fin du bouquin ! Pour une fois qu’on avait un vrai personnage féminin de caractère, était ce vraiment nécessaire ?? Le second volume est plus moyen, Alexia passant de femme forte à caractèrielle, voire antipathique. Un cliffhanger judicieusement placé dans les dernières pages donne tout de même envie de poursuivre la lecture.
Dans le troisième volume, le rythme de croisière est établit, plutôt plaisant. Un peu dommage que ce soit les personnages masculins (en particulier les loups garous) qui soient les plus intéressants à suivre.
Une pause s’impose, avant d’entamer les deux derniers tomes de cette série.

Conclusion :
Bon d’accord, la bit-lit peut être intéressante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les accessoires
- la bienséance
- les mondanités
- les tenues adéquates




7 septembre 2012

Emmanuel Carrère : Limonov

Ce que l’éditeur nous dit :
« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Ce que j’en pense :
Certes Edouard Limonov n’est pas un enfant de coeur, loin de là. Mais à travers les yeux d’Emmanuel Carrère, pour qui il est un peu un héros, on en vient peut être pas à adhérer, mais tout du moins à le comprendre. Même sans avoir la moindre affinité avec ses valeurs, on peut bien avouer qu’au moins Limonov à eu le cran de rester toujours fidèle à lui même et pour cela l’admirer un peu.
Toute la force de ce livre tient au fait que l’auteur a su s’y placer. Loin de faire du nombrilisme, le fait de nous donner d’ajouter au récit des anecdotes personnelles permet de mieux comprendre le point de vue abordé, donc de l’accepter tel quel.
Bien sûr, l’écriture claire n’y est pas non plus pour rien. Emmanuel Carrère nous donne à travers la biographie d’une personne, l’histoire de la Russie, nous permettant là encore de comprendre un peu mieux ce pays. On sent qu’il aime et maîtrise sont sujet, qu’il a consacré des heures de recherches pour la rédaction de chaque paragraphe, mais que sans jamais “étaler son savoir”, il nous restitue l’essentiel. Moi qui ne connaissais quasiment pas un des noms évoqués, je ne me suis sentie à aucun moment perdue. Le seul risque est de vouloir en savoir plus.

Conclusion :
Beaucoup de travail pour une oeuvre qui mérite d’être reconnue et un héros à connaître.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les objectifs
- les mondanités
- les soubrettes
- les expatriations