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2 novembre 2012

Emmanuel Carrère : D’autres vies que la mienne

Ce que l’éditeur nous dit :
À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai.

Ce que j’en pense :
Ce livre est soit disant celui dans lequel Emmanuel Carrère met de côté sa personne pour parler enfin des autres. Mais, fidèle à lui même, il reste malgré tout au coeur du roman, spectateur centrale de ces vies qui l’entoure. Déjà le titre, la présence d’un pronom possessif annonce la couleur. Il ne peut pas se contenter de narrer, il faut absolument qu’il y associe son histoire personnelle. Et c’est précisément cet investissement que j’aime autant dans son écriture.
Le début du livre est assez difficile à lire, avec un événement aussi tragique que soudain. Et l’après. La suite est plus facile, en apparence tout du moins, car on y parle alors de difficultés (mais aussi des joies et réussites) qui s’étalent dans une existence.
Sans contexte beaucoup de passages sont touchants et donnent à réfléchir au sens de la vie, au sens du bonheur. La vision d’Emmanuel Carrière évoluent au fil des pages de façon très positive. D’autres vies que la mienne nous rappelle à quel point il est important de chérir nos proches, de prendre conscience de la chance qu’ils soient à nos côté. Et même si cette pensée ne dure que le temps la lecture, c’est déjà ça. Il rappelle également que quoi qu’il arrive, peut être différente, peut être avec toujours cette petite douleur quelque part, mais toujours la vie continue.

Conclusion :
Un livre poignant et quelque part apaisant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les préparatifs
- la persévérance
- le lâcher prise

 

7 septembre 2012

Emmanuel Carrère : Limonov

Ce que l’éditeur nous dit :
« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Ce que j’en pense :
Certes Edouard Limonov n’est pas un enfant de coeur, loin de là. Mais à travers les yeux d’Emmanuel Carrère, pour qui il est un peu un héros, on en vient peut être pas à adhérer, mais tout du moins à le comprendre. Même sans avoir la moindre affinité avec ses valeurs, on peut bien avouer qu’au moins Limonov à eu le cran de rester toujours fidèle à lui même et pour cela l’admirer un peu.
Toute la force de ce livre tient au fait que l’auteur a su s’y placer. Loin de faire du nombrilisme, le fait de nous donner d’ajouter au récit des anecdotes personnelles permet de mieux comprendre le point de vue abordé, donc de l’accepter tel quel.
Bien sûr, l’écriture claire n’y est pas non plus pour rien. Emmanuel Carrère nous donne à travers la biographie d’une personne, l’histoire de la Russie, nous permettant là encore de comprendre un peu mieux ce pays. On sent qu’il aime et maîtrise sont sujet, qu’il a consacré des heures de recherches pour la rédaction de chaque paragraphe, mais que sans jamais “étaler son savoir”, il nous restitue l’essentiel. Moi qui ne connaissais quasiment pas un des noms évoqués, je ne me suis sentie à aucun moment perdue. Le seul risque est de vouloir en savoir plus.

Conclusion :
Beaucoup de travail pour une oeuvre qui mérite d’être reconnue et un héros à connaître.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les objectifs
- les mondanités
- les soubrettes
- les expatriations