TRY ME
Affichage des articles dont le libellé est mécénat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mécénat. Afficher tous les articles

14 mai 2012

Michel Houellebecq : La carte et le territoire

Ce que l’éditeur nous dit :
ATTENTION, SPOILER, C’EST PRESQUE UNE SYNTHÈSE DU LIVRE !!!!
Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures.
L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Ce que j’en pense :
De Michel Houellebecq, j’avais lu La Possibilité d'une île, dont j’étais miraculeusement parvenue à bout. Je garde un souvenir de glauque, vulgaire et surtout très malsain. Autrement dit, répugnant et sans intérêt.
Il a fallu l’obtention du prix Goncourt et surtout l’assurance de proches l’ayant lu et approuvé, avant que je me résigne à revenir à cet auteur. Et ils avaient raison. C’est très bien.
Cette fois, le lugubre est oublié (quasiment) et Michel Houellebecq nous convie dans le monde de l’art. Pas celui des âmes blessés et des drogués, juste un milieu professionnel “comme les autres”. L’utilisation de personnages réels (Steve Jobs, Jean-Pierre Pernault, Frédéric Begbeider, etc.) donne une impression de crédibilité au roman. Et après tout, à quoi bon tenter de démêler le vrai du faux, lorsque le récit est suffisamment prenant ? Surtout lorsque les descriptions des objets et des procédés artistiques sont particulièrement réussis.
Par son caractère solitaire et presque détaché de sa propre histoire, le personnage principal aurait pu être inventé par Haruki Murakami (il aurait fallu lu attribuer un chat pour bien faire). Et si les univers des deux auteurs sont radicalement différents, on tous deux savent se montrer fascinants sans jamais être explosifs.

Conclusion :
Une excellente surprise.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les châteaux
- les autoportraits
- la presse
- le mécénat

14 février 2011

Francis Perrin : Le bouffon des rois

Ce que l’éditeur nous en dit :
Triboulet est le plus célèbre bouffon qu'ait connu la cour de France : dans les temps reculés du XVe siècle, il disait leur vérité aux puissants, se moquait ouvertement des courtisans et appelait François Ier " mon cousin ", en toute simplicité. Fils du peuple, il va vivre un étrange destin qui le propulse de la cour de Louis XII, " le père du peuple ", le souverain qui rêvait de conquérir l'Italie, à celle de François Ie 1, " le père des Lettres ", le grand monarque de la Renaissance qui en fera son plus proche confident. Dans cette période d'intense création artistique et d'idées nouvelles, il côtoiera Machiavel, Léonard de Vinci, Erasme, Rabelais. Il croisera aussi les plus grands personnages, de Charles Quint à Henry VIII d'Angleterre. Lire sa vie, c'est découvrir toute l'Europe de l'époque: du conseil d'état aux secrets d'alcôve, rien n'échappe au bouffon des rois. Sous la plume de Francis Perrin, Triboulet revit dans ce roman à la verve toute rabelaisienne. Du Roi s'amuse de Victor Hugo au Rigoletto de Verdi, il est devenu le symbole même de la liberté de parole et de la folie faite sagesse.

Ce que j’en pense :
Francis Perrin nous offre ici l'occasion de découvrir (ou de redécouvrir) l'histoire de France du XVème siècle. Car si la vie de François I est omniprésente dans les librairies, on ne peut pas en dire autant de celle de Louis XII. Le Bouffon des rois remédie à cela, rendant hommage à ce grand roi, ce "père du peuple" qui aura marqué son temps.
Certes Francis Perrin ne se tare pas d'un haut style littéraire. Cependant il n'a pas a rougir de sa plume, nous offrant un style clair, permettant de suivre sans peine le cours des événements. Il s'agit d'une grande qualité, face à ces trop fréquents romans historiques, dont le trop grand nombre de protagonistes et de détails peuvent perdre le lecteur. De plus, il ponctue le récit de poèmes, répliques et chansons, qui raviront les amateurs de jeux de mots, tout en participant au rythme de l'histoire.
Un point négatif serait le trop grand "optimiste" général. Les deux souverains présentés ont bien des défauts, mais toutes les excuses sont bonnes pour les leurs pardonner. Quand à Triboulet, il se montre d'une perfection (hormis son physique) sans faille, la bêtise d'autrui étant seule responsable de ses rares déboires. Ces figures ne sont décidément pas crédibles...
Mais peut on vraiment reprocher à l'auteur d'aimer ses personnages ?

Conclusion :
Une belle manière de découvrir un nouveau pan de l’histoire de France.
Merci à Babelio et à Plon.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les décoctions
- l'Italie
- le mécénat
- les grelots