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25 avril 2015

Michael Cunningham/Stephen Daldry : Les heures (The hours)

Ce que l’éditeur nous dit :
Clarissa, Virginia et Laura : trois femmes, trois journées particulières dont les heures résonnent de subtils et sublimes échos jusqu'à l'incroyable révélation finale. Ce roman magistral, porté par la grâce, est hanté par le génie et les démons de Virginia Woolf. Adapté avec un immense succès au cinéma, il a reçu les prestigieux prix Pulitzer et Pen Faulkner Award. 

Ce que j’en pense :
Quelle oeuvre bien singulière que celle des Heures, dans son format écrit originel aussi bien que dans son adaptation cinématographique. Le roman, assez court au final (ce qui ne n'empêche beaucoup de profondeur), n’a quasiment rien perdu une fois transcrit à l’écran, au contraire. L’angle de vue est légèrement décalé de l’un à l’autre : alors que Stephen Daldry met l’accent sur le mal-être des trois héroïnes (les craquages, les pleurs, etc), Michael Cunningham se focalise quant à lui sur l’attrait que la mort exerce sur elles, telle la promesse d’une douce délivrance (le résultat est certes le même, mais le cheminement est différent). Quand l’écrit permet beaucoup plus d’introspection, l’image a su mieux mettre en avant les parallèles entre ces trois femmes et montre plus explicitement les liens qui les rattachent. Quel que soit le support, quelle fascinante épopée que cet éternellement recommencement de l’histoire, quel bel hommage à la littérature, là où l’écrivain, le personnage et le lecteur se croisent...
Seul petit bémol : j’avais un souvenir extrêmement fort des Heures, lu/vu à la sortie du film en 1998, tandis que cette redécouverte m’a moins transportée, sûrement à cause d’un état d’esprit différent (car il ne semble pas que l’un ou l’autre ait mal vieilli). Ce qui n’a pas changé : à l’époque cela m’avait donné envie de découvrir Virginia Woolf, ce n’est toujours pas fait mais c’est toujours prévu.

Conclusion :
Une histoire immuable.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les fleurs
les gâteaux
les mots
l’envie de bien faire




15 octobre 2013

Robert Kirkman : Walking Dead (volumes 1 à 8)

Ce que l’éditeur nous dit :
Rick est policier et sort du coma pour découvrir avec horreur un monde où les morts ne meurent plus.
Mais ils errent à la recherche des derniers humains pour s'en repaître.
Il n'a alors plus qu'une idée en tête : retrouver sa femme et son fils, en espérant qu'ils soient rescapés de ce monde devenu fou.
Un monde où plus rien ne sera jamais comme avant, et où une seule règle prévaut : survivre à tout prix.

Ce que j’en pense :
Se laisser influencer... c'est exactement ce qui m'est arrivée après être tombée sur une (vieille) chronique de Pénélope Bagieu. Pourtant j'avais déjà vu un extrait de la série, pourtant je ne suis pas du tout fan de zombies, mais pourtant elle m'a convaincu.
Je suis assez d'accord avec son point de vue. Les trois premiers volumes sont sympas, mais sans plus. Et puis progressivement, on entre dans l'histoire, la tension monte. J'ai lu quelques part des statistiques de la série selon lesquelles la grande majorité des décès qui surviennent étaient du fait non pas des morts-vivants, mais des humains. Et c'est vrai. Cela résume bien l'état d'esprit de Walking Dead. Les zombies ne sont finalement qu'un pretexte pour décrire une société poussée à son paroxysme. Ce sont dans les situations extrêmes que les êtres se révèlent. Je constate aussi que c'est que ce sont les pires situations qui sont les plus "palpitantes" à la lecture. C'est moche quand même... et j'ai déjà reservé les volumes suivants à la bibliothèque de Paris.

Conclusion :
Pas addictif, mais presque.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les vans
- les mots en gras
- les grillages
- les amputations


13 mai 2013

Jeff Nichols : Mud

Ce que le synopsis nous dit :
Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?

Ce que j’en pense :
Jeff Nichols nous propose ici un film envoûtant, en grande partie porté par Tye Sheridan : du haut de ses quelques années, il éclipse sans peine les adultes plus expérimentés avec lesquels il partage l’affiche. Le titre du film, qui est le nom du personnage interprété par Matthew McCaughey, serait presque à remettre en question. Quoi que. Car pour ceux qui ne le savent pas, “Mud” désigne en anglais de la boue, et plus précisément la vase que l’on trouve au fond des rivières, ce qui en revanche parait tout à fait approprié.
Au delà de l’histoire, il s’agit avant tout du portrait d’une région, d'une manière de s’exprimer, d'une manière de vivre. J’ai trouvé ces personnages, cette bande de durs à cuire avares en mots doux mais toujours prêts à démarrer au quart de tour, tout à fait fascinants. Et pourtant comme partout ce sont les sentiments qui dominent, qu’il s’agisse d’amour pour le sexe opposé, pour un ami ou pour une figure parentale.
Le film s’écoule, tantôt lent, tantôt plus agité, au rythme des eaux du fleuve.

Conclusion :
Une belle analyse sociale.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les moteurs
- les morsures
- les motels
- les mots