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26 octobre 2014

Pierre Boulle : La planète des singes

Ce que l’éditeur nous dit :
Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie? C'est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d'une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celle de notre terre. Après s'y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s'emparent d'Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité...

Ce que j’en pense :
Après avoir apprécié les adaptions de Franklin J. Schaffner (1968) et celle de Tim Burton (2001), après voir vu au cinéma Les Origines (2011) et loupé l’Affrontement (2014, va falloir que j'attende le DVD maintenant), je me suis décidée à lire l’œuvre qui est à l’origine de tout, j’ai nommé la Planète des singes de Pierre Boulle (ah zut, c’était déjà écrit dans le titre de cet article, je crois que j’ai raté mon effet de surprise).
Au départ j’ai eu un peu de mal à entrer de cette histoire, notamment à cause du style d’écriture un peu vieillot et d’une narration quelque peu scolaire. C’est à partir de la rencontre avec les singes que les choses deviennent réellement intéressantes. Pierre Boulle nous propose une véritable mise en abîme du positionnement de l’homme vis-à-vis des autres espèces (ici avec l’exemple particulier des hominidés). J’ai beaucoup aimé toute la réflexion sur la détermination de l’intelligence d’un individu, tandis que le héros tente désespérément de prouver son statut d’être évolué et pensant à des scientifiques dont l’esprit ne peut même pas envisager cette possibilité, a priori. Si mon souvenir est bon, cette notion n’est pas ou peu abordée dans les adaptations, pas à ce point là en tout cas (à noter que c’est la version de 1968 qui reste la plus fidèle au texte). Certes la fin est bien moins surprenante lorsque l’on a déjà vu le film, mais je comprend largement que ce livre ait été la source de si nombreuses inspirations.

Conclusion :
Retour aux origines.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les messages en bouteille
la nudité
la reproduction
les singeries

9 août 2010

Matthieu Dhennin : Saltarello

Ce que l’éditeur nous dit :
Paris, XIV siècle. En pleine guerre de Cent Ans, le royaume de France est aux abois. Les Anglais sont aux portes de Paris. Le roi de France, Jean II, est retenu prisonnier à Londres. Un vent de révolte souffle avec violence dans les villes comme dans les campagnes, alors que la population se remet difficilement de la grande peste de 1348. Pendant ce temps, deux papes se querellent et s'excommunient mutuellement entre Rome et Avignon. Pourtant, dans ces circonstances douloureuses, la vie continue. Les arts renaissent, les sciences progressent, la prospérité revient. Alix Rougemont, jeune clerc mandaté pour le service funéraire de Nicole Oresme, s'aperçoit que le cercueil qu'il transporte au cimetière est vide. Soupçonnant un meurtre couvert par sa hiérarchie, il se lance, seul, dans une enquête qui nous plonge dans un Paris haut en couleur où se côtoient personnages fictifs et historiques. On découvre les fastes du duc de Berry, flamboyant mécène et protecteur des artistes. On croise Charles V au hasard d'un couloir du donjon de Vincennes ou de l'hôtel Saint-Paul. On entend, à la Sorbonne, les brillantes théories de Nicole Oresme, sans doute le plus grand penseur du Moyen Age. On fréquente la délicieuse poétesse Christine de Pizan. On hume les plats du célèbre cuisinier Taillevent, auteur du premier recueil de recettes. On suit les traces de l'intrigant Nicolas Flamel, le libraire soupçonné de pratiques alchimiques. Un saltarello jubilatoire et truculent qui entraîne le lecteur dans les rues boueuses de Paris à la recherche d'un mystérieux coupable...

Ce que j’en pense :

Avec son premier roman, Matthieu Dhennin a voulu mêler les genres : historique, intrigue, légendes. Mais a trop vouloir se diversifier, le vif du sujet n’est jamais atteint.
Côté histoire, trop peu d’éléments sont donnés, sur des périodes trop espacées dans le temps ne permette pas d’apprendre quoi que se soit. Au mieux, des souvenirs d’autres meilleures lectures sont ravivés. On sent que Matthieu Dhennin s’est renseigné sur son sujet. Mais il n’a pas su l’exploiter.
Pour ce qui est de l’intrigue, encore une fois les sauts dans le temps et d’un personnage à l’autre ne permettent pas de s’immerger. Parfois un passage va être captivant. Mais bien vite un autre sujet est entamé, et la lecture est à nouveau ennuyeuse. A noter aussi un titre intrigant, mais absolument pas représentatif du bouquin. N'importe quel autre mot aurait pu faire l'affaire.
Le pire réside dans la pseudo enquête, sensée servir de film conducteur au roman. Le personnage qui la mène est très peu travaillé, sans personnalité. La chute est attendue. Le dénouement est un soulagement, celui de pouvoir enfin passer à autre chose.
Seul point positif : le format et la présentation du livre. L’éditeur a bien fait son travail, le livre est du plu bel effet dans une bibliothèque.

Conclusion :
De bonnes idées, mais de gros progrès à faire pour se faire appeler auteur professionnel. Dommage.
 
A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- Les enluminures
- Les bouchers
- Les singes
- Le clergé