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15 octobre 2014

Emile Zola : Au bonheur des dames

Ce que l’éditeur nous dit :
Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, "Au Bonheur des Dames", est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique.
Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie: les fourmillements de la vie.

Ce que j’en pense :
Comme beaucoup de lycéens, j’ai découvert Emile Zola en lecture imposée, que j’ai étudié dans le cadre de l’épreuve de français du baccalauréat. Si je trouve toujours que c’est une drôle d’idée d’imposer ce niveau d’écriture à des adolescents clairement pas prêts à l’apprécier, je garde tout de même un très bon souvenir de L'Assommoir.
Avec le Bonheur des Dames, j’ai retrouvé ces descriptions endiablées, ce fourmillement de détails si caractéristiques de l’auteur. Ce flot déferlant emporte le lecteur incapable de résister, qui se retrouve irrémédiablement immergé dans l’environnement décrit. C’est d’autant plus vrai dans ce volume qui décrit l’excès et l’abondance, la multitude de soies, flanelles, dentelles et milles autres articles à destination de la consommatrice avide de bonnes affaires. Que l’on aime ou non les énumérations, force est de constater qu’on s’y croirait dans ce Paris de la fin du 19e siècle. Par contre, j’ai été surprise par le ton. Après l’histoire de Gervaise, pessimiste, décrivant la misère et la déchéance, j’étais persuadée que tous les romans de Zola était “difficiles”. Si celui-ci détient aussi son lot de personnages aux destins tragiques (la mort des petits commerces n’étant pas loin), ces derniers ne semblent qu’être de légères brises dans la tempête dans ce Paris en plein changement, et globalement le Bonheur des dames décrit une histoire plutôt heureuse (je n’irais pas jusqu’à positive, car cela dépend de quelle manière on envisage les choses).

Conclusion :
Des longueurs, mais c’est pour la bonne cause.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les tissus
les matières
les fibres
les textiles

16 novembre 2012

Kate DiCamillo : La légende de Despereaux

Ce que l’éditeur nous dit :
Despereaux est un drôle de souriceau : ses oreilles scandaleusement longues le feraient presque ressembler à un âne ! Un jour, il tombe amoureux de la Princesse Petit Pois. Or, pour une souris, aimer un humain est un crime abominable ! Décidément, Despereaux ne fait rien comme les autres : le Conseil des Souris le jette aux oubliettes. Mais te chevalier Despereaux n'abandonne jamais !

Ce que j’en pense :
J’avais beaucoup apprécié l’adaptation cinématographique de la légende de Despereaux et cela me semblait une bonne lecture pour faire une pause entre deux pavés. Excellent choix, s’agissant d’un petit conte sans prétention et bien sympathique. La manière dont le narrateur s’adresse au lecteur est bien tournée, avec un objectivité assez amusante.
Cependant la lecture souffre de la comparaison avec mon souvenir (ravivé par le visionnage de la bande-annonce) du film, dans lequel l’histoire de base (qui à la lecture m’a paru un peu légère) a été brillamment  développée (le matériel initial n’était pas suffisant pour tenir 1h30 de bobine). Le petit Despereaux y est beaucoup plus mis en avant, avec un accent également plus prononcé sur sa prime enfance et ses aventures à l’école. Certains personnages ont même été ajoutés, démultipliant les interactions. Tout cela en concernant l’esprit initial de Kate DiCamillo, la fantaisie et le charme du conte pour enfant qui finit bien

Conclusion :
Parfait pour se changer les esprit.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les pelotes de fil
- les tissus
- les ustensiles
- les choux


20 septembre 2012

Sumiko Yagawa : La femme oiseau

Ce que le synopsis nous dit :
ohei est un jeune homme très pauvre qui vit dans un village japonais. Un soir d'hiver, il sauve une grue, ce bel oiseau blanc, d'une mort certaine. Celle-ci, sans qu'il le sache, va se transformer en une jeune fille douce et gentille que Yohei va prendre pour épouse. Par trois fois, elle tissera une merveilleuse étoffe qui les sauvera de la famine. Cependant, elle lui demande de ne jamais la regarder tisser ; il ne respectera pas ce souhait, et perdra sa femme à cette occasion.

Ce que j’en pense :
Sans savoir où je l'ai déjà entendue (peut être un épisode du père castor ?), il me semble que cette histoire est un grand classique du conte. D'où est elle réélement originaire, difficile à dire après toutes les adaptations dont elle a été l'objet, mais le Japon parait une source probable. En effet, les valeurs que ce conte essait de transmettre (sacrifice au travail, patience, respect des promesses, discretion, etc.) pourraient bien être issues de ce pays. Pour ce qui est de transmettre ces valeurs aux enfants, je ne suis pas certaine de vouloir apprendre à des petits à ne pas porter "assistance à personne en danger"... Mais bien sûr il faut tenir compte de l'époque.
Pour ce qui est de ce livre en tant qu'objet, il est tout à fait magnifique. De grandes doubles pages nous permettent d'admirer des paysages contenant beaucoup de profondeurs, à la fois très travaillés et épurés, tout cela dans une ambiance enneigée tout à fait saisissante.

Conclusion :
Un bel objet pour un conte presque incontournable.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

- les tissus
- les visiteurs impromptus
- la neige
- la patience